Déclaration liminaire de l'Iranien Reza Pahlavi, principal opposant au régime islamique iranien

03 Juillet, 2009, 15:38 BST de Reza Pahlavi

PARIS, July 3 /PRNewswire/ --

- Réalités et perspectives en Iran, conférence de presse - Paris, France, 2 juillet 2009

Communiqué de Reza Pahlavi :

Mesdames, messieurs,

Merci d'être venus. Merci d'avoir répondu à l'appel à la liberté et à la démocratie du peuple iranien. Merci de votre soutien. Ces trois dernières semaines, mes courageux compatriotes ont payé de leur sang leur volonté de déchirer le voile d'acceptabilité derrière lequel se dissimule le régime iranien et de pourfendre sa légitimité pour parler au nom des Iraniens à l'étranger. L'oppression meurtrière qui s'en est suivie a réduit les rues au silence et le black-out sur l'information a dévié l'attention du monde. En Occident, certains journaux titrent sur la fin des mouvements de protestation. D'autres disent que les querelles intestines au sein du régime islamique sont désormais apaisées et que M. Ahmadinejad va gouverner l'Iran pendant un nouveau mandat de quatre ans. Mais leur lecture de la situation du pays est erronée. Bien que des manifestations soient encore possibles et que le 10e anniversaire du soulèvement des étudiants, le 9 juillet prochain, soit une date à surveiller, la phase une, à savoir les manifestations massives consécutives aux élections, est terminée. Permettez-moi de vous expliquer en quoi va consister la phase deux, qui est une phase de résistance nationale :

Considéré comme un usurpateur dans le cadre de son deuxième mandat, M. Ahmadinejad va devoir s'inventer des ennemis étrangers à l'heure où il fait régner une insécurité croissante en Iran, isolant plus encore le pays. Confronté à la baisse des prix du pétrole, à la nécessité de freiner la croissance des liquidités pour enrayer la flambée de l'inflation, à une fuite massive des capitaux et des dirigeants les plus qualifiés ainsi qu'à un marché boursier exsangue, pour ne citer que quelques problèmes, il lui sera extrêmement difficile de gérer les affaires courantes du pays. Il aura besoin de la coopération, même minime, du peuple pour pouvoir continuer à faire naviguer le char de l'État. Il devra d'un autre côté faire face à des foyers de résistance qui se multiplieront partout jusqu'à ce que les rouages du gouvernement se grippent.

Déçus et alertés, d'influents ecclésiastiques, d'importantes factions parlementaires et d'autres institutions remettront en cause sa capacité à surmonter les difficultés et saperont son autorité de l'intérieur même de l'État islamiste. Cette paralysie irréversible marquera la fin de la deuxième phase.

Il est difficile d'anticiper la troisième phase. Une partie des gardes révolutionnaires viendra-t-elle remplir le vide créé par l'effondrement du pouvoir et d'un gouvernement qui ne fonctionne plus ? Dans ce cas, le régime ne bénéficiera plus que d'un appui très faible et donc non viable de la base, accélérant sa chute. Les grèves se multiplieront peut-être et des manifestations massives portées par un peuple redynamisé balaieront le pays, obligeant les autorités à céder à la pression publique favorable à l'instauration d'un nouvel ordre démocratique ? Il n'est pas possible, à ce stade, de privilégier un scénario par rapport à un autre, mais la fin ne fait aucun doute.

Retour rapide à aujourd'hui, reconnaissons que le chemin est semé d'embûches. Le régime vient de mettre en place un comité tripartite pour punir les personnes arrêtées lors des récentes manifestations. Les commissaires sont des hommes qui se sont rendus coupables de tortures et de l'exécution sommaire de milliers de mes compatriotes il y a une vingtaine d'années. Après toutes ces années, les souvenirs des viols, tortures et décès dans les prisons iraniennes reviennent hanter mes compatriotes avec le retour au pouvoir de ces hommes.

Mesdames, messieurs,

Je vous demande aujourd'hui de nous aider à faire en sorte qu'au cours des semaines à venir l'attention du monde se porte sur les actes ignobles perpétrés par le gouvernement. Ce peut être la seule façon d'empêcher le régime de faire preuve de cruauté à l'égard de ceux dont le seul crime a été de s'exprimer et de se rassembler pacifiquement, et cela inclut les femmes qui ont fait campagne pour ne plus être traitées comme des êtres à mi-chemin entre l'homme et l'animal. Je crains en effet que sans le feu des projecteurs braqués par les médias internationaux, le cauchemar d'il y a vingt ans ne resurgisse.

Votre deuxième contribution consiste à informer vos dirigeants politiques de l'ampleur et de la brutalité de l'oppression en Iran. Vos gouvernements ont insisté sur le fait qu'ils ne s'ingéreraient pas dans les affaires intérieures de l'Iran et j'applaudis cette décision. En effet, toute tentative d'ingérence donnera aux tyrans l'excuse dont ils ont besoin pour dissimuler leurs différences et taxer d'agent étranger tout homme se battant pour la liberté. Mais ce n'est pas tout. Le régime assimile toute déclaration en faveur des droits de l'homme à une ingérence de l'étranger, tirant profit de la confusion entre ces deux actions. Il est vital que le monde libre ne se laisse pas berner par ce cynisme cruel au nom de la realpolitik. La Déclaration universelle des droits de l'homme ne connaît pas de frontières. Sa défense est une question d'éthique, mais aussi une obligation mutuelle de tous les États signataires.

Mesdames, messieurs,

Un mouvement est né le 22 khordad de mon calendrier, le 12 juin de votre calendrier. Il n'est ni islamique ni anti-islamique, il n'est ni favorable au capitalisme ni au socialisme ou à toute autre idéologie ou forme de gouvernement spécifique. Il ne se préoccupe guère des guéguerres historiques qui se sont livrées avant sa naissance. Il oeuvre pour l'inviolabilité, voire la souveraineté des suffrages électoraux. En se montrant garants de résultats d'élection frauduleux, le dirigeant suprême de l'Iran et la Garde iranienne ont épuisé toute autorité face au mouvement. Ils se sont dressés contre le peuple, ne laissant aucun pont derrière eux. Le mouvement n'aboutira peut-être pas immédiatement. Il connaîtra peut-être des hauts et des bas. Il ne dominera pas les rues de suite. Mais il ne mourra pas.

L'esprit du mouvement envahira tous les foyers et tous les lieux de travail, tant privés que publics, bloquant le bon fonctionnement du gouvernement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'issue pour les tyrans et que place soit faite pour la victoire des droits humains et de la démocratie en Iran.

Mesdames, messieurs,

Si je me tiens face à vous aujourd'hui, c'est pour vous demander d'être solidaires de mes compatriotes Iraniens dans leur lutte pour la liberté et la justice.

Reza Pahlavi mène une campagne de non-obéissance pacifiste contre le régime théocratique iranien. Pilote de chasse accompli, il est l'auteur de trois ouvrages, en farsi, anglais et français, et père de trois filles.

LA

SOURCE Reza Pahlavi