La grâce accordée par l'Ukraine à Iouri Loutsenko saluée comme une volonté d'intégration européenne

08 Avril, 2013, 14:29 BST de Ukraine Monitor

KIEV, Ukraine, April 8, 2013 /PRNewswire/ --

De hauts dirigeants européens ont chaleureusement accueilli la décision du président ukrainien Viktor Ianoukovitch de gracier et libérer l'ex-ministre de l'Intérieur Iouri Loutsenko et cinq autres personnes condamnées pour des délits allant du détournement de fonds à l'abus de pouvoir dans ce qui est actuellement qualifié de signe d'une volonté sans équivoque de la part de l'Ukraine d'intégrer l'Europe.

Proche allié de l'ex-Première ministre ukrainienne actuellement emprisonnée Ioulia Tymoshenko, Iouri Loutsenko a été libéré alors même qu'un tribunal avait confirmé sa peine il y a quelques jours seulement et ordonné son maintien en détention jusqu'en décembre 2014.

La décision a été immédiatement saluée par Stefan Füle, commissaire européen à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage, qui s'était félicité voilà seulement un mois des « signaux encourageants envoyés par Kiev ».

« C'est un premier pas mais un pas important vers la résolution du problème de la justice sélective », a réagi Stefan Füle sur son compte Twitter.

L'ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, qui exhorte l'UE à conclure avec l'Ukraine un accord de libre-échange de grande envergure dans le cadre d'une « démarche stratégique dans le plus grand intérêt de l'Europe », a également salué la décision du président Ianoukovitch.

« Je suis très heureux de voir le numéro un ukrainien intervenir pour des raisons humanitaires et j'espère sincèrement que mes confrères dans tous les pays de l'Union européenne vont maintenant se décider à signer cette année un accord d'association avec l'Ukraine », a déclaré Romano Prodi.

« Avec ses 46 millions d'habitants et ses vastes réserves de gaz de schiste, l'Ukraine est importante pour l'Europe à la fois comme source de croissance économique et de sécurité énergétique. Elle peut également servir de passerelle entre l'Europe et la Russie. »

En Pologne, le président Bronislaw Komorowski a déclaré que la grâce prononcée est « une bonne chose qui va redorer l'image de l'Ukraine ».

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a qualifié la libération de l'ancien ministre de mesure encourageante, ajoutant que « l'Ukraine a besoin d'une justice équitable et indépendante, et que la libération de M. Loutsenko va dans le bon sens. »

À Kiev, Jorge Zukoski, président de la Chambre de commerce des États-Unis en Ukraine, a déclaré que les entreprises avaient elles aussi accueilli avec satisfaction les grâces prononcées.

« Cette mesure est perçue comme une volonté concrète des décideurs d'adopter les valeurs européennes dans un contexte d'incertitude quant à l'alignement géopolitique ultime de l'Ukraine », a déclaré M. Zukoski.

L'administration ukrainienne a affirmé que ces libérations visaient à « humaniser » la législation ukrainienne et réduire le nombre de personnes incarcérées. Un porte-parole du gouvernement a ajouté que l'Ukraine est à l'écoute et répond à ce que le monde lui dit, et plus particulièrement l'Europe avec laquelle le pays doit conclure un accord d'association en novembre.

« L'Ukraine entretient un dialogue positif avec l'UE. Les grâces montrent que nous agissons et ne nous contentons pas de parler », a affirmé un porte-parole du gouvernement.

« L'humanisation de nos lois va plus loin que ce qui s'est passé aujourd'hui (dimanche) », a indiqué le porte-parole. « Au cours de ces deux dernières années, nous avons entièrement revu notre code de procédure pénale pour l'adapter aux normes internationales en vigueur en matière de justice. Comme l'a signalé M. Ianoukovitch, la porte est entrouverte. »

Cette déclaration est une allusion indirecte à l'ex-Première ministre incarcérée Ioulia Tymoshenko qui purge actuellement une peine de sept ans de détention pour abus de pouvoir suite à la conclusion, en 2009, d'un accord avec Gazprom qui contraint, aujourd'hui encore, le pays à payer le gaz russe au prix le plus élevé en Europe.

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SOURCE Ukraine Monitor