L'Agence de Médecine Préventive organise la 3eme réunion du consortium du Réseau africain de surveillance du choléra (Africhol)

13 Décembre , 2012, 11:57 GMT de Agence de Medecine Preventive (AMP)

PARIS, December 13, 2012 /PRNewswire/ --

L'Agence de Médecine Préventive (AMP) a tenu la troisième réunion annuelle du consortium Africhol à Abidjan, Côte d'Ivoire du 27 au 28 novembre 2012.

Créé en 2009 grâce à un financement de la Bill & Melinda Gates Foundation, Africhol vise à déterminer le fardeau du choléra en Afrique subsaharienne à travers un réseau de zones de surveillance réparties dans neuf pays : le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la République Démocratique du Congo (RDC), la Guinée, le Kenya, le Mozambique, la Tanzanie, le Togo et l'Ouganda. Un consortium d'organisations impliquées dans la recherche, la prévention et la lutte contre le choléra en Afrique développe et met en œuvre le réseau de surveillance.

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae. En l'absence de traitement, on peut en mourir en quelques heures. Le choléra est un problème majeur de santé publique en Afrique. Les épidémies continuent de survenir du fait d'un manque d'eau potable, d'installations sanitaires inadéquates et de pratiques inappropriées de manipulation des aliments.

L'insuffisance des systèmes de surveillance constitue un des obstacles à la prévention et la lutte contre le choléra en Afrique. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), il survient chaque année dans le monde 3 à 5 millions cas de choléra, entrainant 100 000 à 120 000 décès, mais seulement 200 000 cas, dont près de 5 000 morts, sont notifiés.

Africhol complète les systèmes de surveillance nationaux et ceux de l'OMS et collabore avec différents réseaux mondiaux comme la Coalition pour la prévention et la lutte contre le choléra (Coalition for Cholera Prevention and Control). Le projet génère des données de surveillance utiles pour guider les interventions appropriées de santé publique telles que l'approvisionnement en eau potable, l'assainissement et l'hygiène, ainsi que la vaccination.

La réunion du consortium Africhol de cette année a abordé les thèmes suivants :

  • Les données du choléra des pays de 2011 à 2012. Les neuf pays participants, à l'exception du Kenya et de la Tanzanie, ont vu une augmentation des cas de choléra de 2010 à 2012.
  • L'utilisation du vaccin contre le choléra en Guinée. Une présentation remarquée a porté sur l'utilisation pionnière du vaccin anticholérique oral en Guinée-Conakry en mai / juin de cette année lors d'une épidémie. Près de 200 000 personnes ont reçu le vaccin, et le nombre de cas dans les populations cibles a baissé deux à trois semaines après l'administration de la seconde dose (requise pour la vaccination complète). L'impact réel du vaccin est en cours d'évaluation.
  • Les progrès et les meilleures pratiques en matière de diagnostic et épidémiologie du choléra. En particulier, les méthodes, le plan de travail et les résultats attendus d'une étude de séquençage génétique ont été présentés ; le séquençage génétique représente une avancée importante, car il permettrait aux pays d'identifier les souches de choléra et de cartographier la propagation de la maladie en Afrique.
  • La modélisation des maladies infectieuses. Un représentant du Center for Statistics & Quantitative Infectious Diseases (CSQUID), qui a récemment rejoint le consortium Africhol, a donné un aperçu sur la façon de modéliser le nombre de cas à prévoir pendant une épidémie et le nombre de cas qui peut être évité grâce à une mesure de prévention ou de contrôle donnée (par exemple, une campagne de vaccination).

« Cette réunion met également l'accent sur l'importance de la prise en compte du choléra endémique en Afrique, lequel a jusqu'à présent reçu moins d'attention au niveau mondial que d'autres épidémies suscitées par des urgences humanitaires complexes », explique le Dr Martin Mengel, coordinateur du projet Africhol.

Contact: Martin Mengel, mmengel@aamp.org

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SOURCE Agence de Medecine Preventive (AMP)