L'association natéglinide et metformine corrige deux anomalies de la glycémie du diabète de type 2

18 Septembre, 2000, 09:27 BST de Joslin Medical Center

    
  • Une étude montre que les effets du natéglinide sur les pics glycémiques prandiaux permettent de surveiller la glycémie

 


 JERUSALEM, ISRAËL - L'association de natéglinide, un produit à l'étude pour le traitement du diabète de type 2 (qui se révèle à l'âge adulte) et de metformine semble corriger deux anomalies glycémiques majeures et permet ainsi de surveiller la glycémie d'après les résultats d'un essai de la phase III présentés aujourd'hui lors de la réunion de l'Association européenne pour l'étude du diabète. 


 


 Au cours de l'étude, le natéglinide avait abaissé les pics glycémiques prandiaux (aussi connu sous le nom d'oscillations de la glycémie post-prandiale ou PPGE (post-prandial glucose excursions)) en stimulant la sécrétion précoce d'insuline. La metformine avait abaissé les taux plasmatiques du glucose à jeun (fasting plasma glucose (FPG)) en diminuant le débit glucosé hépatique et en améliorant la sensibilité à l'insuline. L'activité synergique de l'association de natéglinide et de métformine avait permis une diminution plus prononcée des taux de l'hémoglobine glyquée (HbA1c ), un marqueur du contrôle à long-terme de la pathologie.


 


 "Des taux glycémiques élevés après un repas sont une des caractéristiques du diabète de type 2 qui à long terme peuvent contribuer à des complications sévères" affirme Edward Horton, PDG, vice-président et directeur de la Recherche clinique du Joslin Diabetes Center, et professeur de médecine à l'école de médecine de Harvard à Boston. "Les résultats de l'étude permettent de mieux comprendre le rôle que joue le natéglinide dans la surveillance générale de la glycémie lorsqu'il est utilisé seul et en association avec des agents dont le mode d'action est complémentaire comme la metformine. Les résultats indiquent que l'association de médicaments destinés à différents troubles du métabolisme du diabète de type 2 se traduit par des diminutions plus importantes de la glycémie générale."


 


 Dans le cadre d'une étude randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo de 24 semaines (Affiche No. 717) incluant 685 sujets présentant un diabète de type 2, les chercheurs ont comparé le natéglinide (120 mg avant trois repas) à la metformine et en association avec la metformine (500 mg au moment de trois repas). Comparé aux valeurs initiales, les taux de HbA1c avaient baissé de 0,5 pour cent avec le natéglinide, de 0,8 pour cent avec la metformine et de 1,4 pour cent avec l'association natéglinide et metformine. Par ailleurs, comparé aux valeurs initiales, la glycémie plasmatique à jeun (FPG) avait baissé de 0,7 mM avec le natéglinide, de 1,6 mM avec la metformine et de 2,4 mM avec l'association natéglinide et metformine. Les résultats indiquent que l'effet du natéglinide sur l'HbA1c se manifeste surtout par une diminution des pics glycosiques prandiaux tandis que l'effet de la metformine se manifeste principalement sous forme de réduction de la glycémie plasmatique à jeun. Les pics glycériques sont des facteurs de risque cachés qui peuvent contribuer à long terme à des complications diabétiques sévères comme un ictus, une maladie cardiovasculaire, la cécité et des lésions nerveuses. 


 


 "Un nombre croissant de constatations laisse entendre qu'il est nécessaire de diminuer tant la glycémie à jeun que la glycémie post-prandiale pour améliorer la surveillance générale de la glycémie évaluée par l'HbA1c et pour réduire le fardeau des complications diabétiques. Néanmoins des stratégies thérapeutiques spécifiques sont nécessaires pour contrôler les pics prandiaux du glucose" d'après le professeur Stefano Del Prato, médecin de la Cattedra di Malattie del Metabolismo à Padoue en Italie. "L'étude présentée aujourd'hui est importante car elle démontre que l'association natéglinide - metformine pourrait s'avérer un moyen utile pour atteindre l'objectif et diminuer les taux de l'HbA1c chez le diabétique et que son profile de sécurité d'emploi et de tolérance est bon." 


 


 Le natéglinide, un dérivé de la phénylalanine, un acide aminé, a une structure chimique et pharmacologique différente de celle des autres antidiabétiques oraux actuellement disponibles. Il constitue une nouvelle classe de molécules qui stimulent la sécrétion d'insuline du pancréas au moment des repas. La metformine appartient à une différente classe de molécules, appelées les biguanides qui augmentent le débit glucosé hépatique et stimulent la captation du glucose par les muscles du squelette.


 


 Dans le cadre de ces études, les seuls effets indésirables liés au traitement par le produit était un gain pondéral et une faible incidence de légère hypoglycémie. Novartis Pharma AG fabrique le natéglinide sous licence octroyée par Ajinomoto Company, Inc. 


 


 Le diabète et ses complications - Un problème mondial croissant


 


 Au niveau mondial, on estime que le diabète de type 2 touche 125 millions de personnes. On prévoit que ce chiffre passera à 300 millions d'ici l'année 2025. Les raisons principales de cette augmentation de la prévalence sont les suivantes : dépistage plus précoce, survie plus longue, urbanisation et modifications du mode de vie telles qu'une réduction de l'activité physique et des régimes alimentaires différents conduisant à l'obésité. 


 


 A la longue, l'hyperglycémie affecte les vaisseaux sanguins de tout l'organisme. Ceci se traduit par des complications cardiovasculaires et micro vasculaires comme rétinopathie, neuropathie et néphropathie. Ces complications sont souvent aggravées par des troubles lipidiques concomitants et par l'hypertension. Dès lors, les diabétiques courent un risque accru de crises cardiaques, d'ictus, d'insuffisance rénale, de cécité et d'amputations. Toutefois, l'essai portant sur la surveillance et les complications du diabète de l'Institut national (National Institutes of Health's Diabetes Control and Complications Trial (DCCT)) et d'autres études ont démontré que le risque de ces complications peut être nettement réduit en améliorant la surveillance de la glycémie. 


 

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SOURCE Joslin Medical Center