Le chef de la direction d'Alcan préconise l'adoption d'un processus d'examen des fusions à l'échelle mondiale

15 Septembre, 2000, 00:20 BST de Alcan

Bruxelles - Dans une allocution prononcée devant des dirigeants européens réunis pour la dixième édition de la Conférence du Groupe de travail sur les fusions de l'Union européenne, Jacques Bougie, président et chef de la direction d'Alcan Aluminium Limitée, s'est penché sur la complexité de la réglementation visant les fusions internationales et a formulé des suggestions visant à harmoniser le processus.

"Dans l'industrie de l'aluminium, a dit M. Bougie, la mondialisation de l'activité économique a entraîné des augmentations énormes des échanges et des investissements. La libéralisation du commerce, conjuguée à la mondialisation croissante des activités de nos clients, a donné un élan considérable à l'expansion internationale."

  • UN FARDEAU ECONOMIQUE

"Les différences ainsi que les examens éventuels dans de nombreuses juridictions, a-t-il poursuivi, rendent les fusions internationales complexes, longues et coûteuses. Ces inefficacités pénalisent injustement les actionnaires, les employés, les clients et l'ensemble des consommateurs. Le fardeau économique est énorme."

M. Bougie parle en connaissance de cause, car Alcan et la société suisse algroup en sont aux derniers stades d'une fusion qui engendrera un leader mondial dans les secteurs de l'aluminium et des emballages de spécialités. Un projet de fusion tripartite incluant le producteur d'aluminium français Pechiney a été retiré il y a quelques mois par suite de l'analyse du Groupe de travail de l'Union européenne. Les trois sociétés avaient des éléments d'actif et réalisaient un chiffre d'affaires dans plus de 40 pays. Au total, 16 avis de fusion ont été déposés (sans compter un dépôt post-fusion et deux dépôts relatifs aux investissements à l'étranger) en huit langues : l'allemand, l'anglais, l'espagnol, le polonais, le portugais, le russe, le tchèque et le turc.

Economistes et avocats, organismes et représentants gouvernementaux ont accordé une attention considérable aux enjeux théoriques et pratiques inhérents à l'examen des fusions internationales dans les dernières années. La plupart de leurs commentaires ont porté sur les moyens d'améliorer les processus d'examen. La difficulté, cependant, a été de passer d'une compréhension théorique d'un problème à une solution concrète.

  • POUR UN PROCESSUS D'EXAMEN CONCERTE

La révision multijuridictionnelle est de plus en plus complexe, longue et coûteuse. Un plus grand nombre de pays mettent de l'avant des méthodes de validation différentes et les autorités antitrust de l'Union européenne et des Etats-Unis voient les fusions qui se succèdent sous l'angle de la concentration toujours plus grande des marchés et resserrent leurs définitions des recours acceptables.

"J'estime, a indiqué M. Bougie, que le milieu des affaires a des motifs importants de promouvoir un processus concerté." M. Bougie a demandé aux grandes sociétés, aux institutions - telle que l'Association internationale du barreau - et aux autorités de la concurrence d'exhorter les gouvernements et les organismes antitrust des principales juridictions à adopter un "processus commun" volontaire. Ce régime comporterait des délais coordonnés, des exigences de dépôt communes et vraisemblablement un protocole "d'agent principal". De l'avis de M. Bougie, la conclusion fructueuse de cette première phase servirait de modèle probant pour les nombreuses autorités engagées dans l'examen des fusions.

"Le milieu des affaires doit faire preuve de leadership, a dit M. Bougie. A ce titre, un groupe de sociétés multinationales ayant l'expérience de l'examen des fusions pourrait se faire le promoteur d'un processus simplifié d'examen des fusions à l'échelle internationale."

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SOURCE Alcan