Le jeu des accusations autour de Safarov éclipse les souffrances des civils en Azerbaïdjan

12 Septembre, 2012, 18:45 BST de Azerbaijan Monitor

BAKOU, Azerbaïdjan, September 12, 2012 /PRNewswire/ --

Les autorités azerbaïdjanaises sont de plus en plus préoccupées par le mécontentement et l'hostilité grandissants suite à la libération de Ramil Safarov. En écho aux spéculations selon lesquelles le gouvernement arménien envisagerait le versement d'une prime de 500 000 dollars pour le meurtre de l'officier de l'armée, des personnes se sont réunies à Erevan, la capitale, et ont appelé à « l'ouverture de la saison de la chasse à Safarov ». Des bus étaient couverts de cibles à l'effigie de Safarov et des photos de lui ont été brûlées par des activistes.

« Nous sommes très inquiets face à ces réactions violentes en Arménie, qui condamnent une extradition tout à fait légale ainsi que l'amnistie qui a suivi », a déclaré le parlementaire azerbaïdjanais Elkhan Suleymanov, Vice-président de l'Assemblée parlementaire Euronest. « Ils en appellent maintenant à la vengeance d'une manière absolument contraire à la légalité internationale », a-t-il ajouté.

« Jouer au jeu dangereux des accusations est susceptible de créer encore plus de héros et d'ennemis nationaux, et ne devrait guère bénéficier au peuple et à la stabilité dans le Caucase. »

Ramil Safarov a été reconnu coupable du meurtre d'un soldat arménien lors d'un stage de formation de l'OTAN à Budapest en 2004, affirmant que ce dernier avait craché sur le drapeau azerbaïdjanais et l'avait humilié. Safarov a été extradé par la Hongrie vers l'Azerbaïdjan après avoir purgé plusieurs années de prison, et sa libération a de nouveau attiré l'attention sur le conflit persistant du Haut-Karabagh, où l'occupation arménienne illégale a été condamnée par les Nations Unies.

« La controverse sur Safarov risque de minimiser les responsabilités d'Erevan dans le conflit du Haut-Karabagh et de justifier l'occupation arménienne illégale d'environ 20 % de notre pays », a affirmé Elkhan Suleymanov, en soulignant par ailleurs la non-application de quatre résolutions des Nations Unies appelant l'Arménie à se retirer immédiatement, totalement, et sans condition des territoires occupés. Des résolutions analogues ont été approuvées par l'APCE, l'OSCE et le Parlement européen.

Le cas de Safarov présente des similitudes avec l'extradition de Varoujan Garabedian vers l'Arménie en 2001. Garabedian, membre de l'organisation terroriste ASALA, avait été condamné pour un attentat qui avait fait huit morts à l'aéroport d'Orly à Paris. Malgré sa condamnation à la prison à vie, les appels du gouvernement arménien avaient abouti à son extradition vers l'Arménie, alors même que Garabedian n'était pas un citoyen arménien, mais syrien. À Erevan, il a été salué comme héros national.

« À eux seuls, les meurtres commis par les tireurs d'élite arméniens le long de la ligne de cessez-le-feu ont représenté 1 250 civils tués et 1 300 blessés au cours des vingt dernières années », a indiqué Elkhan Suleymanov. Il a ajouté que des enfants avaient été pris pour cibles à plusieurs reprises au moyen de jouets explosifs, que des personnes âgées se recueillant sur la tombe de leurs proches avaient été abattues et que de nombreuses explosions avaient tué des civils dans des bus, des trains, des ferries et des lieux publics.

« La communauté internationale devrait intervenir pour mettre un terme aux violations continues du cessez-le-feu, afin qu'il n'y ait plus de victimes civiles » a déclaré Suleymanov.

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SOURCE Azerbaijan Monitor