Les menaces pesant sur un réservoir d'eau remettent un 'conflit gelé' sous les feux des projecteurs

11 Juin, 2013, 17:34 BST de Azerbaijan Monitor

VIENNE, June 11, 2013 /PRNewswire/ --

Les menaces qui pèsent sur la vie de plus de 400 000 personnes vivant en aval d'un réservoir dangereusement délabré dans le Haut-Karabagh occupé par l'Arménie ont replacé ce 'conflit prétendument gelé' au cœur de l'actualité internationale, comme il a été rappelé lundi lors d'une conférence organisée à Vienne.

Intitulée La géopolitique de l'Azerbaïdjan et la sécurité énergétique européenne, la conférence s'est faite l'écho de la menace émergente que représentent le réservoir de Sarsang et son barrage de 125 mètres de haut construit par l'Azerbaïdjan en 1976.

Des opérations de maintenance essentielles n'auraient pas pu être conduites durant les deux décennies d'occupation arménienne. Aujourd'hui, ingénieurs et hydrologues affirment que le réservoir est dans « un état qui exige une intervention de toute urgence ». En d'autres termes, il est exposé à un risque de défaillance structurale ou à des actes de sabotage.

Le député azerbaïdjanais Elkhan Suleymanov a de fait déclaré lors de la conférence que la population qui habite dans les six régions situées en aval a fort à craindre.

« Le réservoir de Sarsang est devenu une menace majeure », a-t-il indiqué en parlant du barrage qui retient l'eau d'un lac de 12 km de long.

« Il est évident que tout accident serait une catastrophe écologique et que de nombreuses pertes humaines et civiles seraient à redouter. »

Adolfo Urso, ancien ministre italien délégué au commerce et à l'industrie, a souligné que cette situation n'est pas sans rappeler la catastrophe survenue dans son pays en 1963 lorsqu'une vague a submergé le barrage de Vajont, faisant plus de 2 000 victimes.

« Je comprends l'inquiétude de la population azerbaïdjanaise », a-t-il affirmé.

« Faute d'être entretenu et réparé, le réservoir représente une menace pour l'humanité, et la communauté internationale doit ouvrir les yeux sur ce problème. »

Le professeur Gerhard Mangott de l'université d'Innsbruck a, pour sa part, déclaré lors de la conférence que le Haut-Karabagh « ne peut pas être considéré comme un conflit gelé » du fait de cette nouvelle donne et de l'agression constante de l'Arménie. Malgré les résolutions adoptées par les Nations Unies, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Parlement européen, l'Arménie continue d'occuper 20 % du territoire azerbaïdjanais.

Les participants à la conférence ont, par ailleurs, fait l'éloge de l'Azerbaïdjan, modèle de tolérance religieuse dans la région et au-delà, et débattu du rôle du pays dans l'approvisionnement à long terme de l'Europe en énergie.

Le ministre de l'Énergie azerbaïdjanais, Natig Aliyev, a fait savoir que les producteurs de gaz choisiraient bientôt entre deux tracés de gazoduc européens concurrents et qu'ils opteraient pour celui le plus rapidement rentable.

Le consortium à l'origine du projet offshore Shah Deniz II doit choisir entre le tracé du gazoduc Nabucco en difficulté qui relie l'Autriche via les Balkans et celui du gazoduc transadriatique (TAP) qui passe par la Grèce et l'Italie.

La date d'achèvement du projet est désormais repoussée à 2018.

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SOURCE Azerbaijan Monitor