Les villes vont imposer le rythme et l'ampleur des progrès réalisés jusqu'à l'entrée en vigueur d'un accord éventuel au terme de la COP21 ; C40 et Arup recensent les actions prioritaires pour le climat que les villes devront mener au cours des cinq prochaines années

09 Décembre , 2015, 10:29 GMT de C40 Cities Climate Leadership Group

2 300 actions prioritaires pour le climat pourraient permettre de sauver 450 MtCO2 cumulativement d'ici à 2020, avant même qu'un quelconque accord de la COP21 entre en vigueur, et ce pour peine 6,8 milliards de dollars

Les finances et la collaboration seront les éléments-clés qui permettront de libérer tout le potentiel des villes dans la réduction des émissions de carbone

PARIS, 9 décembre 2015 /PRNewswire/ -- Les plus grandes villes du monde prennent aujourd'hui des mesures décisives pour lutter contre les changements climatiques ; et elles ne font que commencer. Avec davantage de moyens et de fonds, parallèlement à un appui renforcé des responsables politiques locaux, les progrès réalisés par les villes pourraient être multipliés par trois. Une étude publiée aujourd'hui par C40 Cities Climate Leadership Group (C40) et Arup recense les 27 000 activités, programmes, marchés publics et politiques spécifiques que les villes pourraient mettre en œuvre ces prochaines années. Elle montre l'immense potentiel de nos villes. Sur toutes ces mesures, C40 en a recensé 2 300 qui auraient un fort impact, qui seraient facilement réalisable et qui pourraient permettre d'économiser le chiffre impressionnant de 450 MtCO2 d'ici à 2020, ce qui équivaut aux émissions annuelles du Royaume-Uni, et ce pour à peine 6,8 milliards de dollars.

Publiée en marge des négociations cruciales sur le climat dans le cadre de la COP21, cette étude, intitulée « Potential for Climate Action », est frappante parce qu'elle présente les mesures que les maires et les responsables civiques peuvent et devront mener, indépendamment du résultat des initiatives intergouvernementales visant la conclusion d'un traité sur les émissions de carbone, et avant même qu'un accord éventuel au terme de la COP21 entre en vigueur en 2020.

Qu'il s'agisse de la mise en œuvre de programmes de mise à niveau de bâtiments dans le cadre du Business Energy Challenge à Londres ou des nouvelles installations de production d'énergie à partir des déchets à Oslo, ces 2 300 actions prioritaires représentent les projets qui auront l'impact le plus important en termes de réduction des émissions de carbone dans les villes C40, ou qui peuvent être le plus raisonnablement mises en œuvre, avec les pouvoirs en place ou en collaboration avec d'autres villes.

Les cinq prochaines années seront cruciales. Une étude de C40 et du Stockholm Environment Institute (SEI) avait déjà montré que, d'après les tendances actuelles de consommation et de développement d'infrastructures, le monde aura, en l'espace de cinq ans, accumulé des émissions futures en suffisance pour dépasser le budget mondial de carbone respectueux de l'environnement et fera progresser de plus de 2 degrés la température de la planète. Les villes jouent un rôle essentiel dès lors qu'un tiers de ces émissions seront le fruit de décisions prises par les villes, ce qui place les maires en exercice au cœur d'une solution mondiale.

Depuis la dernière grande conférence COP à Copenhague, les villes C40 ont pris 10 000 mesures pour le climat, une multiplication par deux en à peine six ans, et se sont engagées à réduire leurs émissions de CO2 de 3 Gt CO2 d'ici à 2030, ce qui équivaut à la production annuelle de carbone de l'Inde.

« La voie à suivre après la COP21 est aujourd'hui évidente car nous comprenons très concrètement les nouvelles mesures que les villes peuvent prendre pour avoir un impact mondial dans la lutte contre les changements climatiques », explique Eduardo Paes, le maire de Rio de Janeiro et président de C40. « Le rôle moteur des villes ne fait aucun doute, tout comme le fait que des obstacles subsistent, le plus important étant l'accès à des fonds et la nécessité d'une meilleure coordination entre les gouvernements. Heureusement, C40 fait œuvre de pionnier sur les deux fronts, offrant des solutions et un modèle de collaboration qui permettra aux villes de libérer tout leur potentiel pour réduire considérablement leurs émissions de carbone dans les années critiques à venir ».

« Notre étude montre que les villes ont toujours de nombreuses occasions précieuses de renforcer leur action et de faire des progrès encore plus importants vers la réduction des émissions et la résilience du climat », ajoute le président d'Arup Group, Gregory Hodkinson. « À l'heure où se poursuivent les négociations internationales sur le climat, les entreprises et la société civile, ainsi que les administrations publiques à tous les niveaux, ont un rôle fondamental à jouer pour que les villes restent la force motrice dans la lutte contre les changements climatiques. Ce rapport présente une feuille de route sur la façon dont ces progrès durables peuvent être réalisés ».

Obstacles au progrès

Le rapport a analysé les défis que doivent relever les maires dans la mise en œuvre des mesures pour le climat dans leur ville. 21 % des défis recensés par les villes concernent les ressources et le financement, y compris des budgets restreints et l'antinomie supposée entre la croissance économique et l'action pour le climat. Or, le rapport montre que la mise en œuvre des 2 300 mesures prioritaires serait possible avec à peine 6,8 milliards de dollars.

Cette semaine, en réaction directe à ce défi pour les villes, C40 a annoncé un nouveau mécanisme de financement pour les villes C40 visant à aider les villes à élaborer des projets d'infrastructures durables pour les investissements. Ce mécanisme devrait permettre en quatre ans de recueillir 1 milliard de dollars d'investissements dans les villes en plein essor dans les pays en voie de développement. Le financement initial de 3,7 millions de dollars du ministère fédéral allemand de la Coopération et du Développement économique (BMZ) et de 2 millions de dollars de la Banque interaméricaine de développement (BID) devrait attirer d'autres financements et déboucher sur pas moins de 20 millions de dollars en assistance technique pour les villes.

20 % des défis recensés par les villes concernent le leadership politique, y compris la difficulté de collaborer dans l'action pour le climat avec le secteur privé et les administrations centrales. Par exemple, Barcelone a mis en évidence la difficulté d'élaborer des projets de lutte contre les changements climatiques sur 20 à 30 ans, à l'aide de projections climatiques de 100 ans, alors que le gouvernement change tous les quatre ans.

Ainsi, le rapport conclut qu'une approche collaborative entre les différents niveaux de l'administration publique et les secteurs économiques est essentielle. Dans trois cas sur quatre, les défis que doivent relever les villes ne peuvent pas être surmontés aujourd'hui sans la participation du secteur privé, de l'administration centrale, des administrations régionales ou de la société civile.

Potential for Climate Action a été lancé aujourd'hui lorsque le Plan d'actions Lima-Paris a prononcé sa Déclaration d'action pour les villes et les régions. Signés par C40 et d'autres réseaux de villes, les objectifs-clés de la Déclaration instaurent d'ici à 2020 un cadre pour la mise en œuvre des recommandations du rapport de C40, y compris la nécessité de renforcer les financements et les investissements et de collaborer à tous les niveaux de l'administration publique.

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SOURCE C40 Cities Climate Leadership Group



Liens connexes

http://www.c40.org