L'implication d'Ioulia Tymochenko dans plusieurs affaires juridiques en cours écarte l'éventualité d'une imminente grâce présidentielle, déclare la commissaire aux droits de l'homme

11 Avril, 2013, 19:39 BST de Ukraine Monitor

KIEV, Ukraine, April 11, 2013 /PRNewswire/ --

La commissaire aux droits de l'homme du Parlement ukrainien (Rada) déclare qu'il est prématuré d'envisager une grâce pour l'ex-Premier ministre Ioulia Tymochenko actuellement emprisonnée, en raison de son implication dans plusieurs procédures judiciaires en cours et de son procès en appel qui reste engagé.

Valeria Lutkovska qui, le 5 avril dernier, a demandé au Président ukrainien Viktor Ianoukovytch de libérer l'ancien ministre de l'interieur Yuri Lutsenko, un allié d'importance pour Ioulia Tymochenko, pour des raisons de santé et au vu du fait que le ministre avait déjà purgé la plus grande partie de sa peine, a tenu, mercredi, à rejeter l'hypothèse selon laquelle Ioulia Tymochenko serait bientôt libérée. 

Le sort d'Ioulia Tymochenko a fait l'objet de nombreuses conjectures depuis le weekend dernier lorsque le président Ianoukovytch a pris des mesures en réponse à la recommandation de la commissaire aux droits de l'homme du Parlement et a gracié Yuri Lutsenko ainsi que cinq autres condamnés qui purgeaient des peines pour détournement ou abus de pouvoir.

Cependant, à la différence de M. Lutsenko pour qui les possibilités de recours juridiques avaient été épuisées, Ioulia Tymochenko fait encore l'objet d'autres procédures judiciaires et attend un examen, par la Cour européenne des droits de l'homme, de sa condamnation pour abus de pouvoir en 2011, concernant la signature illégale, en 2009, d'un contrat gazier controversé de 10 milliards de dollars avec la Russie, sans l'approbation de son Cabinet.

« La situation de Ioulia Tymochenko est légèrement différente de celle de M. Lutsenko », explique la commissaire aux droits de l'homme. « Les procédures ne sont pas encore terminées ; je pense donc qu'il est prématuré de parler de cela maintenant ».

Parmi les autres affaires auxquelles faisait référence Mme Lutkovska, on compte une enquête judiciaire sur des irrégularités financières impliquant la société Systèmes énergétiques unis d'Ukraine (SEUU) qu'Ioulia Tymochenko a dirigée dans les années 1990, ainsi que le meurtre du député Evgueni Scherban, abattu en 1996 devant l'aéroport de Donetsk et pour lequel l'ex-Premier ministre a été citée comme suspect par le procureur général.

Selon Mme Lutkovska, le fait que ces deux cas soient en cours écarte la possibilité d'une grâce présidentielle pour l'instant.

Des leaders européens d'importance se sont réjouis des récentes grâces accordées par le Président Ianoukovytch, qu'ils considèrent comme un signe d'engagement de l'Ukraine en faveur de l'intégration européenne, ainsi que de la signature d'un important accord d'association avec l'UE, prévue à l'automne de cette année.

Le commissaire européen chargé de l'élargissement et de la politique européenne de voisinage, Stefan Fule, a défini les actions du Président Ianoukovytch comme « les premiers pas, mais néanmoins considérables, destinés à résoudre le problème de la justice sélective ». L'ancien président de la Commission européenne M. Romano Prodi a également applaudi cette décision.

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SOURCE Ukraine Monitor