Nouvelles recherches et avancées présentées à l'occasion d'AAIC® 2013

17 Juillet, 2013, 18:30 BST de Alzheimer's Association

BOSTON, 17 juillet 2013 /PRNewswire/ -- De nouvelles études présentées pendant la conférence internationale 2013 de l'Alzheimer's Association (AAIC® 2013) à Boston couvrent l'ensemble de la recherche en matière d'Alzheimer et de démence, y compris les nouveaux traitements et stratégies de prévention, les nouveaux facteurs de risque potentiels, les avancées en matière de détection et de diagnostic et un modèle mis à jour sur la progression de la maladie.

La conférence internationale de l'Alzheimer's Association est le principal forum annuel pour la présentation et l'examen des dernières recherches sur Alzheimer et la démence. Fêtant 25 ans d'avancées et le regard tourné vers l'avenir, AAIC 2013 a réuni presque 5 000 experts et chercheurs de premier plan, originaires de 66 pays pour plus de 1800 présentations scientifiques.

Facteurs de risque potentiels de la maladie d'Alzheimer

La plupart des types de cancer sont associés à une réduction du risque d'Alzheimer et la chimiothérapie réduit encore plus ce risque

Une étude basée sur les dossiers de santé de 3,5 millions d'anciens combattants américains indique que la plupart des types de cancer sont associés à une réduction considérable du risque de la maladie d'Alzheimer. Les résultats indiquent que pour pratiquement tous ces cancers, une chimiothérapie permet de réduire encore plus le risque d'Alzheimer. Les chercheurs n'ont trouvé aucune association entre l'historique du cancer et le risque réduit de tout autre résultat sur la santé typique associé à l'âge. Il a été en fait établi que la plupart des personnes ayant guéri du cancer court un risque accru d'une forme de démence autre qu'Alzheimer. Les chercheurs ont conclu que les résultats montrent que la relation protective entre la plupart des cancers et la maladie d'Alzheimer ne s'explique pas seulement par la mortalité accrue des cancéreux. D'autres recherches sont nécessaires pour déterminer la/les cause(s) de la réduction du risque et par conséquent identifier de nouvelles possibilités de traitement de la maladie d'Alzheimer.

Un médicament de traitement du diabète est associé à une réduction du risque de démence

Le diabète de type 2 est susceptible de doubler le risque de démence. Toutefois, une étude de presque 15 000 diabétiques de type 2, âgés d'au moins 55 ans, a montré que les patients prenant, dès le début, de la metformine, un sensibilisant à l'insuline, courent un risque considérablement réduit de démence, comparé aux patients à qui d'autres traitements antidiabétiques standard ont été prescrits initialement. Des essais sont actuellement en cours pour évaluer la metformine en tant que traitement potentiel de la démence et des troubles cognitifs légers.

Retarder son départ à la retraite plus tard est associé à un risque réduit de démence

Une analyse des dossiers de santé et d'assurance de plus de 429 000 travailleurs indépendants en France a conclu que retarder son départ à la retraite est associé à une réduction du risque de démence. Le risque baisse pour chaque année de travail supplémentaire. Les chercheurs pensent que l'activité professionnelle est un facteur de stimulation intellectuelle et d'effort mental plus importants, ce qui peut jouer un rôle protecteur contre la démence. Des recherches supplémentaires sont cependant nécessaires dans ce domaine.

Les facteurs sociaux-économiques peuvent expliquer le risque plus élevé d'Alzheimer chez les noirs-américains.

Aux États-Unis, les noirs-américains plus âgés sont deux fois plus susceptibles de souffrir de la maladie d'Alzheimer que leurs homologues blancs. Cependant, dans une étude de 3 075 personnes âgées, noires et blanches, ne souffrant pas de démence au début de l'étude, la différence de risque n'était plus statistiquement significative une fois que les chercheurs prenaient en compte les facteurs socio-économiques, y compris le niveau d'éducation, d'alphabétisme, de revenus et d'aisance financière. Les auteurs recommandent fortement que les prochaines études sur les disparités ethniques et raciales en matière de démence tiennent également compte d'un éventail important de facteurs socio-économiques.

Détection et diagnostic de la maladie d'Alzheimer

Les tests en ligne pour Alzheimer ne sont pas à la hauteur

Un groupe d'experts canadiens, y compris des gérontologues, des spécialistes des interactions homme-ordinateur, des neuropsychologues et des spécialistes de la neuro-éthique, ont étudié 16 tests en ligne gratuits pour la maladie d'Alzheimer. Leur étude a montré que les tests étaient mauvais en termes de validité, fiabilité et éthique scientifique. Les experts ont établi que la plupart des tests (12 sur 16) ont obtenu des scores « mauvais » ou « très mauvais » pour la validité et la fiabilité scientifique. Ces experts ont conclu que ces tests n'étaient pas utiles pour le diagnostic de la maladie d'Alzheimer. En ce qui concerne les facteurs éthiques, tous les 16 tests ont obtenu des scores « mauvais » ou « très mauvais ». Les problèmes liés à l'éthique incluaient des politiques de confidentialité et de respect de la vie privée particulièrement complexes ou absentes, la non-divulgation des conflits d'intérêt commerciaux, la non-conformité avec le champ déclaré du test et une formulation inappropriée et malhonnête des résultats du test.

Aucune preuve bénéfique du dépistage de la démence dans la population

Des chercheurs britanniques ont effectué une revue systématique d'études sur le dépistage de la démence dans la population et ont comparé les résultats à un régime de soins standard dans la population générale, parmi des patients en médecine générale et parmi des patients en soins de proximité. Les chercheurs n'ont trouvé aucune preuve des effets du dépistage sur les résultats des patients - y compris la santé cognitive, mentale et émotionnelle, le fonctionnement social et la planification - ni aucune indication de sa valeur supérieure par rapport aux pratiques actuelles. Ils suggèrent aux décideurs de faire preuve de circonspection à propos du dépistage de la démence dans la population en l'absence de données sur les avantages ou les risques. L'Alzheimer Association recommande aux personnes de s'adresser à leur médecin pour une évaluation poussée, dès les premiers signes de pertes de mémoire ou de changements. Pour les 10 signes indicateurs de la maladie d'Alzheimer, veuillez consulter www.alz.org.

Les changements signalés par le patient sont peut-être les indicateurs cliniques les plus précoces de la maladie d'Alzheimer

Quatre études renforcent les éléments selon lesquels le déclin cognitif subjectif - la perception par le patient de problèmes cognitifs et de la mémoire - est un indicateur clinique précoce et valide des évolutions cérébrales et cognitives pouvant signaler la maladie d'Alzheimer. Une étude sur des personnes âgées avec un fonctionnement cognitif normal a montré un lien significatif entre les inquiétudes cognitives auto-indiquées et les signes d'accumulation de la protéine bêta-amyloïde, le composant principal des « plaques » dans le cerveau d'un patient Alzheimer, telles qu'indiquées par des tomographies par émission de positrons. Une autre étude de presque 4 000 infirmiers d'au moins 70 ans a indiqué qu'une inquiétude subjective à propos de la mémoire pouvait être un marqueur du déclin ultérieur d'une mémoire mesurée objectivement, en particulier parmi les porteurs du gène ApoE4, le plus important facteur de risque génétique de la maladie d'Alzheimer. Dans une troisième étude, des adultes âgés ont suivi des évaluations cognitives annuelles pendant une durée moyenne de 10 ans. Les sujets indiquant un changement de leur mémoire depuis leur dernière évaluation étaient deux fois plus susceptibles d'être diagnostiqués avec un déficit cognitif léger ou une démence au cours de la visite de suivi, que ceux ne signalant pas un tel changement. Par ailleurs, à l'occasion d'AAIC 2013, un groupe de chercheurs internationaux sur la maladie d'Alzheimer a annoncé la création de l'initiative sur le déclin cognitif subjectif (SCD-I) afin d'élaborer un nouveau cadre de recherche sur le déclin cognitif subjectif en mettant l'accent sur les aspects précliniques de la maladie d'Alzheimer.

Mises à jour sur les traitements de la maladie d'Alzheimer

Résultats préliminaires de deux études sur deux nouveaux traitements potentiels de la maladie d'Alzheimer

Il a été suggéré que les plaques amyloïdes peuvent stimuler les cellules microgliales, les cellules immunitaires de première ligne du cerveau, et produire des composés inflammatoires pouvant endommager les cellules cérébrales des patients Alzheimer. Le composé expérimental CHF5074 (Chiesi Pharmaceuticals), conçu pour inhiber l'inflammation en modifiant l'action microgliale, a montré sa capacité à empêcher la formation de plaques cérébrales et à réduire les déficits dans des souris avec Alzheimer. Dans un essai clinique de 90 jours de CHF5074, administré à des personnes souffrant d'un déficit cognitif léger - portant sur l'innocuité et le dosage et non pas l'efficacité - une analyse intérimaire des tests cognitifs de 32 patients a permis d'établir des améliorations statistiquement significatives et dépendantes du dosage des capacités cognitives des participants. Les participants à l'étude avec une ou deux copies du gène ApoE4, qui augmente le risque de la maladie d'Alzheimer, ont obtenu des résultats considérablement meilleurs que les personnes sans ApoE4, dans deux des tests cognitifs.

Les chercheurs ont présenté les résultats d'une étude de stade préliminaire, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo et à dosages multiples du médicament expérimental MK-8931 (Merck). Ce médicament inhibe la bêta-sécrétase – un des deux enzymes produisant la bêta amyloïde – chez les personnes atteintes d'un Alzheimer léger à modéré. Les chercheurs ont établi que le médicament administré au dosage le plus élevé réduit considérablement la bêta-amyloïde dans le fluide céphalo-rachidien. La réduction moyenne à partir de la base de référence est supérieure à 80 %. D'après les chercheurs, le médicament était généralement bien toléré.

Deux études avec des approches innovantes sur des médicaments d'Alzheimer

L'allopregnanolone, aussi connu sous le nom Allo, est un neurostéroïde cérébral et sanguin. Des études antérieures ont montré son potentiel en tant que traitement régénératif pour promouvoir la création de cellules cérébrales et améliorer la fonction cognitive dans les animaux plus âgés ou les animaux avec Alzheimer. Allo est naturellement exprimé dans le cerveau et atteint des niveaux relativement élevés pendant le troisième trimestre d'une grossesse. Au cours d'AAIC 2013, les chercheurs ont présenté la conception d'un essai clinique de phase 1, à multiples doses croissantes d'Allo, pour des participants souffrant d'un trouble cognitif léger à cause d'un Alzheimer et d'un Alzheimer léger, avec des doses administrées une fois par semaine pendant 12 semaines, en vue d'établir une dose tolérée avec une bonne innocuité. Les objectifs secondaires de l'essai incluent l'évaluation des effets potentiels à court terme du dosage d'Allo sur les indicateurs - cognitifs et IRM - d'Alzheimer et documenter une phase 2 ultérieure du test de concept.

Les chercheurs scientifiques de Zinfandel et Takeda Pharmaceuticals International, Inc ont initié un essai international de phase 3 de pioglitazone à faible dose afin de retarder l'apparition des troubles cognitifs légers. À doses plus élevées, ce médicament est autorisé pour le traitement du diabète de type 2. Dans des études humaines antérieures, un traitement avec pioglitazone a été associé à une réduction des marqueurs de l'inflammation cérébrale. Pour la première fois, les participants à l'étude sont des individus avec des fonctions cognitives normales présentant des variations du risque génétique dans les gènes ApoE et TOMM40 qui sont associées à un risque accru d'Alzheimer et d'apparition plus précoce des symptômes. Le recrutement pour l'essai a commencé en 2013. Les objectifs supplémentaires de l'étude incluent la validation des nouveaux critères de diagnostic de NIA/Alzheimer's Association pour les troubles cognitifs légers associés à Alzheimer et l'identification d'un ensemble approprié de tests cognitifs capables de fonctionner efficacement dans tous les sites d'étude dans le monde entier.

À propos de l'AAIC

L'Alzheimer's Association International Conference (AAIC) est la plus grande conférence internationale de son genre, rassemblant des chercheurs du monde entier pour dresser le bilan et pour discuter des recherches et des informations novatrices sur la cause, le diagnostic, le traitement et la prévention de la maladie d'Alzheimer et des troubles lies. Dans le cadre du programme de recherche de l'Alzheimer's Association, l'AAIC sert de catalyseur pour générer de nouvelles connaissances sur la démence et pour promouvoir une communauté de recherche collaborative et vitale.

À propos de l'Alzheimer's Association

L'Alzheimer's Association est la première organisation sanitaire volontaire du monde dédiée aux soins, aux services d'accompagnement et à la recherche pour la maladie d'Alzheimer. Notre mission est d'éliminer la maladie d'Alzheimer grâce aux progrès de la recherche, de fournir et d'améliorer les soins et le soutien pour toutes les personnes atteintes et de réduire le risque de démence en faisant la promotion de la santé cérébrale. Notre vision est celle d'un monde sans Alzheimer. Pour plus de renseignements, veuillez consulter www.alz.org ou composer le 800-272-3900.

LA

SOURCE Alzheimer's Association



Liens connexes

http://www.alz.org