Selon une étude, un inhalateur de nicotine peut aider à réduire tabagisme de façon durable

07 Août , 2000, 23:11 BST de Pharmacia

  • L'utilisation du système pourrait constituer un premier geste positif pour les patients ne voulant pas ou ne pouvant pas cesser de fumer complètement

Bale, Suisse - Pharmacia Corporation a émis le communiqué suivant :

Selon une nouvelle étude publiée dans le numéro du 5 août du British Medical Journal, l'utilisation d'un inhalateur de nicotine a permis de réduire de façon durable, efficace et sans danger le tabagisme pendant 24 mois chez des patients qui ne voulaient pas ou ne pouvaient pas renoncer complètement à leur habitude. L'étude conclut que la réduction du tabagisme pourrait constituer une première étape d'un sevrage complet à la portée de sujets n'ayant pas le désir ni la volonté de cesser du jour au lendemain.

L'étude suisse, qui a porté sur 400 fumeurs adultes, indique que 26 p. 100 des fumeurs utilisant un inhalateur de nicotine qui ne voulaient pas ou ne pouvaient pas cesser de fumer ont réduit d'au moins la moitié leur consommation quotidienne de cigarettes après quatre mois, alors que dans le groupe placebo, seuls 9 p. 100 des patients ont atteint un tel résultat. Après la période charnière de deux ans, une réduction soutenue du tabagisme a été observée chez 9,5 p. 100 du groupe utilisant l'inhalateur de nicotine et chez 3 p. 100 du groupe placebo.

"Ces résultats sont importants parce que certains patients considèrent que le fait de réduire le nombre de cigarettes fumées est une première étape critique avant d'éventuellement cesser de fumer", a expliqué l'auteur principal de l'étude, Chris T. Bolliger, M.D., division respiratoire, Département de médecine interne, Hôpital universitaire, Bâle, Suisse. "D'autres études ont démontré que les gros fumeurs ont généralement le plus haut taux de rechute lorsqu'ils tentent de cesser de fumer du jour au lendemain. En utilisant un inhalateur de nicotine pour réduire la quantité de tabac consommée, comme nous l'avons fait dans le cadre de l'étude, ces fumeurs ont beaucoup plus de chances d'atteindre leur but ultime : l'abstinence."

Le tabac est le seul risque pour la santé évitable; il est responsable de 3,5 millions de morts par année -- soit une toutes les neuf secondes.(1) D'ici l'an 2020, on prévoit que le nombre annuel de morts liées aux tabagisme dépassera le nombre de morts causées par le sida, les accidents d'auto, les meurtres, le suicide, les drogues illégales, et l'alcool combinées.(2) Sur les 1,1 milliard de fumeurs dans le monde, près de 70 p. 100 affirment vouloir cesser.(3)

  • Modèle d'étude et conclusions

L'étude cherchait à établir si la réduction du tabagisme à long terme peut être obtenue par l'utilisation d'un inhalateur de nicotine et si l'utilisation concomitante d'un traitement par remplacement de la nicotine et la consommation de tabac est sans danger. L'étude randomisée à double insu contrôlée contre placebo et se déroulant dans deux centres portait sur des fumeurs en santé qui ne voulaient pas ou ne pouvaient pas cesser de fumer, mais qui souhaitaient réduire leur consommation. Au nombre des patients se trouvaient 400 adultes âgés d'au moins 18 ans, qui fumaient 15 cigarettes ou plus par jour depuis au moins trois ans et qui expiraient une concentration de monoxyde de carbone de 10 parties par million (ppm) ou plus. Les sujets avaient tenté au moins une fois, en vain, d'arrêter de fumer au cours des douze derniers mois, mais souhaitaient réduire leur consommation au maximum avec l'aide de l'inhalateur de nicotine (une réduction initiale de 50 p. 100 a été proposée aux participants). Les personnes utilisant actuellement un traitement par remplacement de la nicotine, tout autre programme de thérapie comportementale ou pharmacologique de cessation/réduction du tabagisme, ou tous autres substituts nicotiniques étaient exclues de l'étude.

Les 200 patients faisant partie du groupe de traitement actif ont reçu des inhalateurs de nicotine, tandis que les 200 autres patients ont reçu des inhalateurs de placebo. Après une présélection initiale par téléphone et une évaluation de base, les sujets ont fait l'objet d'une nouvelle évaluation en clinique après 1, 2, 3 et 6 semaines, ainsi qu'après 3, 4, 6, 12, 18, et 24 mois. De l'information sur les effets du tabagisme sur la santé a été distribuée initialement, et des conseils sur les façons de réduire le tabagisme a été fournie lors de chacune des visites. La principale mesure du succès de l'étude était une réduction déclarée par les intéressés de la consommation quotidienne de cigarettes d'au moins 50 p. 100, comparativement aux données de base de la semaine 6 au mois 4.

Les résultats ont indiqué que la réduction durable du tabagisme à long terme à l'aide de l'inhalateur de nicotine pouvait être réalisée et maintenue. A partir de la semaine 6, les taux de réussite du groupe actif étaient passablement supérieurs à ceux du groupe placebo : à 4 mois (26 p. 100 c 9 p. 100; p<0,001), 12 mois (13 p. 100 c 4 p. 100, p=0,002), et 24 mois (9,5 p. 100 c 3 p. 100, p=0,012). Une réduction de la concentration du monoxyde de carbone chez les personnes utilisant l'inhalateur quotidiennement a été observée tant dans le groupe actif que le groupe placebo.

Cent quatorze sujets dans le groupe placebo ont rapporté 193 effets indésirables, et 113 sujets dans le groupe actif ont rapporté 227 effets indésirables. Cinquante-trois effets graves se sont produits, cependant aucun d'entre eux n'était relié au traitement. Deux symptômes locaux étaient beaucoup plus fréquents dans le groupe actif que dans le groupe placebo : irritation de la gorge (7 p. 100 c 2 p. 100), et toux (6,5 p. 100 c 2 p. 100). Le nombre total d'effets indésirables reliés aux symptômes habituellement associés à une surconsommation de nicotine (nausées, vomissements et palpitations) était distribué également entre les deux groupes; des nausées ou des nausées/vomissements ont été rapportés par 9 des 200 personnes faisant partie du groupe actif et par 8 des 200 membres du groupe placebo, tandis que 2 personnes sur 200 et 1 personne sur 200 respectivement ont affirmé avoir eu des palpitations.

L'étude a été rédigée en collaboration par Xandra van Biljon, infirmière autorisée, et Andre P. Perruchoud, M.D., Division respiratoire, Département de médecine interne, Hôpital universitaire, Bâle, Suisse; Jean-Pierre Zellweger, M.D., et Annik Robidou, infirmière autorisée, Polyclinique médicale universitaire, CHUV, Lausanne, Suisse; et par Tobias Danielsson, B.Sc., Ake Westin, M.Sc., et Urbain Sawe, M.D., Ph.D., Pharmacia Corporation, Helsingborg, Suède. Elle a fait l'objet d'une subvention de la division des soins de santé aux consommateurs de Pharmacia Corporation.

  • Références

1. Banque mondiale, collection Development in Practice. Curbing the Epidemic: Governments and the Economics of Tobacco Control. 1999. www.worldbank.org/html/extpb/epidemic.htm

2. Organisation mondiale de la Santé. Leave the Pack Behind. Genève, Suisse : Organisation mondiale de la Santé, 1999.

3. New Public Health Service Guideline Calls on Health Professionals to Make Treating Tobacco Dependence a Top Priority. Communiqué, le 27 juin 2000. Department of Health and Human Services. http://www.surgeongeneral.gov/tobacco/hhssmokpr.htm

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SOURCE Pharmacia