Selon une étude sur la dépression réalisée par l'Université de Pittsburgh, la venlafaxine se révèle nettement supérieure aux inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine

01 Mars, 2001, 13:17 GMT de Univ. of Pittsburgh School of Medicine

  • La quasi-élimination des symptômes de la dépression grâce à l'administration d'un antidépresseur novateur aurait des implications majeures sur la santé publique -

Pittsburgh, Pennsylvania - Les résultats d'une nouvelle étude publiée aujourd'hui dans le "British Journal of Psychiatry" révèlent qu'un nombre nettement supérieur de patients dépressifs traités par la venlafaxine (Effexor(MD)) ou par des capsules de venlafaxine à libération prolongée (Effexor XR(MD)) deviennent quasi asymptomatiques, en comparaison des patients traités par un inhibiteur spécifique du recaptage de la sérotonine (ISRS) ou ayant reçu un placebo(1). L'étude a constamment démontré que les taux de rémission associés à la venlafaxine étaient d'environ 10 pour cent supérieurs à ceux observés dans le cadre d'un traitement par les ISRS. Afin de mettre ces résultats en perspective, soulignons que les probabilités de rémission grâce au traitement par la venlafaxine s'élèveraient à 30 pour cent, en comparaison des ISRS. Cet écart serait attribuable au fait que la venlafaxine est un inhibiteur spécifique du recaptage de la sérotonine et de la norépinéphrine, et qu'il pourrait ainsi comporter deux modes d'action.

L'efficacité d'un antidépresseur était mesurée traditionnellement par sa capacité de réduire les symptômes dépressifs de 50 pour cent. Ce pourcentage de référence obligatoire a été déterminé en vue de favoriser l'obtention d'autorisations par des organismes de réglementation tels la Food and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis (2). La "rémission," ou quasi-élimination de tous les symptômes de la dépression, constitue un étalon supérieur de mesure de l'efficacité des antidépresseurs. Lorsque les patients accèdent à la rémission complète, ils sont moins vulnérables à la rechute(3) et leur fonctionnement psychosocial est entièrement rétabli (4); les patients peuvent donc reprendre, autrement dit, les activités dont ils profitaient avant l'apparition des symptômes dépressifs.

"Les résultats de l'étude se révèlent fort encourageants pour les millions de personnes qui souffrent de dépression", a déclaré Michael E. Thase, M.D., professeur de psychiatrie rattaché à la Faculté de médecine de l'Université de Pittsburgh et auteur principal de l'étude. "Etant donné la prévalence élevée de dépression à l'échelle mondiale, de même que les coûts affligeants qu'entraîne cette maladie, l'écart représente un avantage potentiellement immense aux niveaux clinique et économique. Ces résultats confirment, hors de tout doute, que les antidépresseurs sont inégaux sur le plan de l'efficacité."

Ces résultats récents sont tirés de huit essais à double insu, qui ont fait l'objet d'un regroupement afin de comparer les taux de rémission chez 2•045 patients atteints de trouble dépressif majeur et ayant reçu soit un traitement par la venlafaxine, inhibiteur spécifique du recaptage de la sérotonine, soit un traitement par des capsules de venlafaxine à libération prolongée, soit un placebo. D'après les résultats de l'étude, les taux globaux de rémission associés à la venlafaxine se sont établis à 45 pour cent, comparativement à 35 pour cent dans le cas des ISRS et à 25 pour cent dans le cas du placebo (p < 0,001 pour toutes les comparaisons).

"Durant des années, j'ai combattu la dépression en essayant différents traitements par des antidépresseurs, mais qui ne donnaient tout simplement aucun résultat", a déclaré Shelia Singleton, atteinte de dépression. "Malgré tout, Effexor XR m'a sauvé la vie et m'a permis de me remettre complètement de cette maladie. Je suis ravie d'apprendre les résultats de cette étude; dorénavant, les patients dont l'état s'est peu amélioré depuis le début de leur traitement auront peut-être la motivation nécessaire à la recherche d'un antidépresseur plus efficace, tout en retrouvant l'espoir de mener une vie plus heureuse et plus enrichissante."

En tant qu'inhibiteur spécifique du recaptage de la sérotonine et de la norépinéphrine, la venlafaxine agit simultanément sur les neurotransmetteurs de la sérotonine et de la norépinéphrine, qui interviennent dans l'évolution de la dépression et de l'anxiété (5,6). Cette formulation de venlafaxine à libération prolongée (Effexor XR(MD)) constitue le seul et unique antidépresseur dont la FDA des Etats-Unis a autorisé la mise en marché dans 33•pays, afin d'assurer le traitement de la dépression et du trouble d'anxiété généralisée (TAG). Le TAG, trouble anxieux le plus fréquent, est un trouble psychique d'évolution à long terme se caractérisant par une inquiétude accablante, chronique et excessive, par l'anxiété, ainsi que par une tension qui persiste au moins six mois. La recherche a démontré qu'Effexor XR peut favoriser et maintenir la rémission du TAG et de la dépression à long terme, tout en aidant les patients à se libérer non seulement de leurs symptômes, mais également à se remettre complètement de leur maladie.

Résultats de l'étude

La rémission libère les malades des symptômes de la dépression et leur permet d'accomplir leurs activités normales, tout en y trouvant du plaisir. Dans le cadre des études sur la dépression, la rémission est déterminée cliniquement par un score inférieur ou égal à 7 sur l'échelle d'évaluation de la dépression de Hamilton, qui comprend 17 items (HAM-D) (x).

Les résultats tirés de huit essais randomisés à double insu, de structure comparable, ont fait l'objet d'un regroupement afin de comparer les taux de rémission des groupes de sujets suivants : 851 patients atteints d'un trouble dépressif majeur et traités par la venlafaxine ou par la venlafaxine à libération prolongée; 748 patients traités par un ISRS, soit (Prozac(MD) (fluoxétine), Paxil(MD) (paroxétine) ou Luvox(MD) (fluvoxamine); enfin, 446•patients ayant reçu un placebo (dans le cadre de quatre essais), durant une période maximale de huit semaines.

Des écarts importants sur le plan des taux de rémission finale ont été observés entre les patients traités par la venlafaxine, ainsi que les patients ayant reçu un traitement par un ISRS ou par un placebo. Un écart important entre les groupes traités par la venlafaxine et par les ISRS a été constaté dès la deuxième semaine de l'étude, alors que les chercheurs ont calculé un écart significatif à la quatrième semaine entre les groupes traités par un ISRS et les groupes témoins. Des analyses additionnelles ont confirmé que les résultats n'étaient tributaires d'aucune étude en particulier, mais qu'ils ne se limitaient à aucune définition particulière de la rémission.

"Je suis persuadé que le double mécanisme d'action de la venlafaxine augmente, et de loin, les possibilités d'amélioration de l'efficacité du traitement de la dépression; par conséquent, il pourrait favoriser la rémission qui, à son tour, pourrait accroître les possibilités de rétablissement", a conclu le Dr Thase.

Quelques mots sur la dépression

Les troubles dépressifs graves, qui englobent la dépression, affectent environ 340 millions de personnes dans le monde entier (7). D'après les conclusions récentes de l'Organisation mondiale de la Santé, la dépression constitue le quatrième trouble de santé publique en importance dans le monde entier. Si l'on omet de la traiter, la dépression peut causer des effets dévastateurs, privant les personnes qui en souffrent de l'énergie et de la motivation nécessaires à l'accomplissement de leurs activités quotidiennes, et les poussant même au suicide, dans certains cas. Les symptômes de ce trouble mental englobent des sentiments de vide ou de tristesse, l'absence d'intérêt ou de plaisir pour la plupart des activités, ainsi que des sentiments de dévalorisation et de culpabilité inappropriée. Outre les coûts de la dépression sur le plan personnel, la maladie occasionne également des coûts annuels supérieurs à 40 milliards de dollars, et ce, uniquement aux Etats- Unis, en raison des décès prématurés, des baisses de productivité et de l'absentéisme.

La Faculté de médecine de l'Université de Pittsburgh en bref

La Faculté de médecine de l'Université de Pittsburgh se classe constamment parmi les meilleures écoles de médecine des Etats-Unis. Elle figure parmi les six facultés des sciences de la santé de cet établissement d'enseignement supérieur, qui regroupe également les facultés des sciences infirmières, de médecine dentaire, de pharmacie ainsi que des sciences de la réadaptation et de la santé, outre l'Ecole supérieure de santé publique. Leur mission consiste à former les futurs spécialistes de la santé et scientifiques du domaine biomédical, à se consacrer à la recherche novatrice, qui permet d'approfondir la compréhension des causes de la maladie et d'améliorer son traitement, et de prendre part à la prestation des soins, à titre de partenaire du système de santé de l'UPMC. La Faculté de médecine de l'Université de Pittsburgh est reconnue mondialement pour ses programmes d'oncologie, de psychiatrie, de génétique, de transplantation et de santé publique.

REFERENCES

(1) Thase et al. : "Remission Rates During Treatment with Venlafaxine or SSRIs" (résumé).

(2) Thase, M.E., Entsuah, A.H., Rudolph, R.I. : "Remission Rates During Treatment with Venlafaxine or SSRIs", British Journal of Psychiatry.

(3) Judd, L.L., Akiskal, H.S., Paulus, M.P. : "The role and clinical significance of subsyndromal depressive symptoms (SSD) in unipolar major depressive disorder", J. Affect. Disorder, 1997, 45, 5-18.

(4) Sulser, F. : "Serotonin-norepinephrine receptor interactions in the brain: implications for the pharmacology and pathophysiology of affective disorders", J. Clin. Psychiatry, 1999, 60, 213-214.

(5) Dubovsky, S.L. : "Beyond the Serotonin Reuptake Inhibitors: Rationales for the Development of New Serotonergic Agents", J. Clin. Psych., 1994.

(6) Brunello, N., Racagni, G. : "Rationale for the Development of Noradrenaline Reuptake Inhibitors", Human Psychopharmacology, 1998.

(7) Organisation mondiale de la Santé : "The Newly Defined Burden of Mental Problems" ; site Internet - http://www.who.int/inf-fs/en/fact217.html. Accessible depuis septembre 2000.

(x) Dans le domaine de la psychiatrie, l'échelle d'évaluation HAM-D sert fréquemment à mesurer la gravité des symptômes dépressifs afin de déterminer l'efficacité du traitement.

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SOURCE Univ. of Pittsburgh School of Medicine