Transition vers l'euro: Les entreprises européennes en pleine incertitude

23 Novembre, 2000, 13:32 GMT de Cap Gemini Ernst & Young

Nouvelle enquête réalisée par Cap Gemini Ernst & Young et l'Association pour l'Union monétaire de l'Europe, rendue publique à la veille de la réunion de l'ECOFIN à Bruxelles.

Paris- Les entreprises européennes sont en pleine incertitude quant aux critères de transition de l'Union monétaire européenne (UME). Certaines risquent de ne pas pouvoir respecter la date limite du 1er janvier 2000 pour le changement de monnaie. C'est ce que révèle une nouvelle étude commanditée par Cap Gemini Ernst & Young et l'Association pour l'Union monétaire de l'Europe (AUME).

Cette enquête vise à mesurer le niveau de préparation des grandes entreprises de la zone euro. Des entretiens en profondeur ont été conduits par les chercheurs d'Infraforces avec un millier d'entreprises appartenant à neuf secteurs économiques différents en septembre et octobre 2000. Il révèlent un inquiétant niveau de non-préparation à la transition vers l'euro.

À treize mois de l'échéance, cette enquête permet de réaliser que sur les 23% d'entreprises ayant déjà terminé leurs projets euro, un tiers ont eu besoin de douze mois pour les mener à bien. L'analyse de Cap Gemini Ernst & Young indique que dans certains secteurs tels que les assurances et les services (y compris les services publics) une période de transition d'au moins 12 à 18 mois sera nécessaire; ce délai pourrait être encore plus long dans le secteur bancaire. Un répondant sur cinq en est encore au stade initial de la transition et, ce qui est plus inquiétant, 10% des entreprises n'ont encore rien entrepris au niveau de la transition IT vers l'euro.

Ces faibles taux de préparation pourraient être dus à un manque d'information sur les règlements de l'UME concernant la transition. L'enquête révèle en effet qu'un quart des entreprises européennes s'imaginent que leur comptabilité interne peut rester en monnaie nationale après le premier janvier 2000, alors même que de nombreux pays ont déjà annoncé que des sanctions seraient prises si tel était le cas.

L'enquête révèle en outre que 16% des entreprises seulement avaient saisi l'occasion de combiner les changements organisationnels avec la préparation à l'euro et le développement de leur stratégie e-business.

"Notre enquête révèle deux tendances inquiétantes, déclare Stan Cozon, directeur de euroTRANSFORMATION Services chez Cap Gemini Ernst & Young. Tout d'abord, certaines entreprises semblent ne pas prendre en compte les conséquences et la complexité du passage à l'euro. Elles devront réagir pour être prêtes à exploiter ces nouvelles opportunités au 31 décembre 2001.

"En outre, peu d'entreprises ont réalisé que le passage à l'euro et les programmes e-business étaient liés. Elles risquent de passer à côté des avantages résultant de la combinaison de ces deux projets d'envergure, qui exigent tous deux une réévaluation en profondeur des processus existants.

"L'introduction de l'euro et la croissance de l'Internet, poursuit M. Cozon, vont provoquer l'apparition d'un vrai marché en ligne européen auquel les entreprises devront s'intégrer pour survivre. Le passage à l'euro, combiné à des opérations de trésorerie bien pensées, peut apporter de nombreux avantages aux entreprises qui voient loin."

L'enquête révèle des différences significatives entre les pays de la zone euro. En Autriche, 45% des entreprises concernées déclarent utiliser l'euro comme monnaie de base. Mais ce pourcentage n'est que de 9% au Portugal.

Des différences existent aussi entre les différents secteurs. Ainsi, 5% des services administratifs et gouvernementaux utilisent l'euro comme monnaie de base. Mais ce pourcentage est de 30% pour les industries de transformation et le secteur bancaire.

"Cela est surprenant, déclare M. Cozon. On pourrait s'attendre à ce que les gouvernements donnent l'exemple. Qui plus est, les gouvernements possèdent généralement des systèmes IT anciens et complexes. Il faut donc s'attendre à un processus de transition plus lent."

L'étude révèle toutefois des aspects positifs : "Les grandes entreprises prennent conscience de la nécessité d'assister leurs fournisseurs et leurs clients. On constate qu'elles assument leurs responsabilités dans un certain nombre de domaines importants. On peut aussi s'attendre à ce que certains traînards accélèrent leurs processus à l'exemple des entreprises de haut vol," déclare Bertrand de Maigret, secrétaire général de l'AUME.

À la suite de cette enquête, Cap Gemini Ernst & Young et l'AUME ont écrit une lettre aux ministres des finances et aux responsables qui prendront part à la réunion de l'ECOFIN à Bruxelles le 27 novembre 2000, afin de dégager les problèmes clé et de suggérer des initiatives destinées à mettre fin à la confusion actuelle.

"La conclusion qui se dégage de cette recherche est claire, déclare M. de Maigret. Les autorités chargées de la transition doivent confirmer le calendrier, éliminer les incertitudes, accélérer le mouvement, montrer l'exemple au niveau gouvernemental, promouvoir les pratiques mises en place dans des pays comme le Luxembourg, la Belgique et l'Autriche afin d'en faire bénéficier d'autres pays de la zone euro, et enfin stimuler l'utilisation de l'euro entre clients et fournisseurs.

"Nous recommandons aux autorités d'encourager une utilisation rapide de l'euro, dans le but de déclencher des mécanismes d'adaptation dans les entreprises et le secteur public. Les politiques dilatoires et le fatalisme risquent de provoquer des changements de dernière minute à la fin de 2001, lesquels se révéleraient coûteux, improductifs et peut-être politiquement nuisibles."

: : À l'attention des rédacteurs

* L'échantillon comprenait 1000 entreprises de la zone euro: Autriche, Belgique, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Espagne.

* 15% d'entre elles possèdent entre 200 et 499 collaborateurs; 30% de 500 à 999 collaborateurs et 55% plus de 1000 collaborateurs.

* Neuf secteurs industriels sont représentés: gouvernement, banque, assurances, transformation, médias/communications, vente au détail, télécommunications, transport et services.

: : À propos de l'AUME

L'Association pour l'Union monétaire de l'Europe (AUME) a été créée en 1987 par des industriels européens dans le but de promouvoir la stabilité monétaire et l'utilisation d'une monnaie unique sur le marché européen. Les entreprises et les banques qui en sont membres emploient environ huit millions de personnes. L'AUME est une association indépendante à but non-lucratif basée à Paris. Elle exerce ses activités dans tous les pays de l'Union européenne. Pour toutes informations complémentaires, visitez le site web www.amue.org.

: : À propos de Cap Gemini Ernst & Young

Cap Gemini Ernst & Young est un des plus grands consultants internationaux et se spécialise dans la gestion, les technologies de l'information, l'intégration des systèmes, le développement technologique, la conception et l'externalisation à l'échelle mondiale afin d'aider les entreprises traditionnelles et les entreprises "point.com" à mettre en place des stratégies de croissance et à tirer parti des technologies dans le cadre de la nouvelle économie. Cap Gemini Ernst & Young possède plus de 57.000 collaborateurs dans le monde entier. Ses revenus sont de l'ordre de 7,7 milliards d'euros (1999 pro forma). Pour toutes informations complémentaires sur la gamme de services offerts et les recherches entreprises, veuillez visiter www.cgey.com

: : À propos d'Infraforces

Infraforces est une entreprise spécialisée dans les recherches de marché ainsi que la gestion et la coordination d'un large éventail d'enquêtes sur les activités interentreprises en Europe. Depuis 1985, sa mission consiste principalement à conseiller les entreprises au niveau des tendances et des attentes du marché. Pour toutes informations complémentaires, visitez www.infraforces.com

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SOURCE Cap Gemini Ernst & Young