Un nouveau partenariat mondial entre le secteur public et le secteur privé entend développer de nouveaux traitements antituberculeux à la mesure des moyens des pays les plus durement to

10 Octobre, 2000, 22:09 BST de Global Alliance for TB Drug Development

  • L'alliance mondiale pour le développement de médicaments antituberculeux s'engage à livrer son premier nouveau produit d'ici 2010

Le financement devrait totaliser plus de 150 millions $US; les fondations Gates et Rockefeller s'engagent à verser 40 millions $US au total; les dirigeants de grandes sociétés pharmaceutiques proposent leur soutien

Bangkok, Thailande - L'alliance mondiale pour le développement de médicaments antituberculeux (Global Alliance for TB Drug Development), un partenariat entre le secteur public et le secteur privé dont l'objectif est la découverte de nouveaux médicaments contre l'une des maladies infectieuses les plus mortelles au monde, a été annoncée aujourd'hui dans le cadre de la conférence internationale sur la recherche et le développement en matière de santé par ses partenaires des gouvernements, d'organisations non gouvernementales, de l'industrie et des fondations. L'alliance mondiale a également dévoilé un plan d'action scientifique pour la découverte et le développement de nouveaux médicaments antituberculeux.

Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, l'industrie, les fondations et les organisations multilatérales et bilatérales devraient contribuer au total plus de 150 millions $US au cours des cinq prochaines années. La fondation Bill and Melinda Gates a annoncé l'octroi de 25 millions $US et il est prévu que la fondation Rockefeller contribuera 15 millions $US.

L'industrie pharmaceutique a indiqué qu'elle était très favorable à cette initiative et prête à participer à des partenariats avec l'alliance mondiale. L'industrie a énoncé ses intentions dans une déclaration du groupe Hever, constitué de directeurs principaux de recherche-développement des plus grandes entreprises pharmaceutiques au monde.

ENGAGEMENT ENVERS LE DEVELOPPEMENT D'UNE PREMIERE NOUVELLE CATEGORIE DE MEDICAMENTS ANTITUBERCULEUX EN 30 ANS ET AFFECTATION DE NOUVELLES RES

SOURCES A CETTE FIN

L'alliance mondiale est résolue à améliorer la prévention de la tuberculose en découvrant, développant et rendant disponible des médicaments antituberculeux, particulièrement dans les pays les plus durement touchés par la maladie et ce, à des prix qui soient à portée de leurs populations. L'alliance mondiale prévoit que le premier nouveau médicament sera homologué d'ici 2010, et que plusieurs autres nouveaux médicaments mis au point par l'alliance suivront dans la foulée. Ces nouveaux médicaments antituberculeux efficients réduiront la durée d'un traitement antituberculeux ou en simplifieront l'administration; ils amélioreront le traitement des infections tuberculeuses latentes; et ils s'avéreront efficaces contre la tuberculose résistant à l'action de plusieurs médicaments (MDR-TB).

Aucune nouvelle catégorie de médicaments antituberculeux n'a été mise au point depuis au moins 30 ans et les médicaments et traitements connexes n'arrivent pas à éliminer la maladie. Les médicaments utilisés pour traiter l'infection et supprimer les symptômes liés à la tuberculose perdent de leur efficacité, le bacille devenant de plus en plus résistant. Bien que la cure la plus efficace, à savoir le traitement sous observation directe (DOTS), affiche un taux de guérison élevé, le fait qu'elle dure entre 6 et 9 mois nuit à l'efficacité de sa mise en oeuvre.

Selon le Dr Gro Harlem Brundtland, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), partenaire de l'alliance mondiale : "La tuberculose n'est pas seulement une source de misère et de mort, elle est une entrave majeure à l'expansion sociale et économique. Les pays les plus pauvres du globe ont besoin de nouveaux médicaments capables de réduire à la fois la durée totale du traitement, ainsi que la fréquence des doses administrées."

LE TRAITEMENT ET LA GUERISON : ESSENTIELS POUR JUGULER LA MALADIE

La tuberculose cause plus de 2 millions de morts chaque année, soit quelque 5 500 morts chaque jour, le plus souvent dans les pays les plus pauvres de la planète. La maladie se propage rapidement parmi les populations infectées par VIH et un tiers des morts de patients atteints du VIH résultent de la tuberculose. Un tiers de la population mondiale est actuellement infectée par la tuberculose et chaque année, 8 millions de personnes contractent la maladie sous sa forme active.

Le directeur général intérimaire de l'alliance et ancien directeur médical, agents anti-infectieux, à Aventis Pharma, le Dr Giorgio Roscigno, a déclaré : "Puisque chaque patient tuberculeux peut en infecter des centaines d'autres, la meilleure façon de prévenir la transmission de la tuberculose est de traiter et de guérir les personnes infectées qui la transmettent. La mise sur pied de l'alliance mondiale, le plus important progrès en matière de prévention de la tuberculose depuis que l'OMS a décrété, en 1993, que la maladie était une urgence mondiale, rend l'avènement d'un nouveau traitement beaucoup plus probable."

La tuberculose est une maladie de pauvres. Ce sont les personnes les moins à même de payer pour sa prévention ou son traitement qui sont les plus durement touchées. On estime qu'il en coûte au bas mot à une société pharmaceutique 300 millions $US en moyenne pour découvrir et commercialiser un nouveau médicament. Les régions du globe les plus touchées par la tuberculose sont peu susceptibles de générer un rendement du capital investi adéquat; il ne faut donc pas s'étonner si la méthode traditionnelle, qui consiste à s'en remettre aux mécanismes du marché pour obtenir de nouveaux médicaments, ne fonctionne pas. La situation exige des démarches novatrices et créatrices.

UNE NOUVELLE VISION, DE NOUVEAUX PARTENAIRES, DE NOUVEAUX MEDICAMENTS ANTITUBERCULEUX POUR TOUS

L'alliance mondiale pour le développement de médicaments antituberculeux propose une nouvelle façon de découvrir et de développer de nouveaux médicaments antituberculeux. Il s'agit d'un partenariat d'intérêt véritablement mondial qui réunit les connaissances et les compétences de l'industrie pharmaceutique en matière de découverte et de développement de médicaments et les connaissances spécialisées du secteur public dans le domaine de la biologie et des recherches in situ.

L'alliance mondiale a fait savoir qu'elle est déjà en pourparlers avec un certain nombre d'entreprises pharmaceutiques concernant des questions de financement et de dons non financiers de composés d'intérêt potentiel.

Une équipe de scientifiques privilégiera les coentreprises avec les pays où la tuberculose a atteint un stade endémique

L'alliance mondiale s'emploiera à mobiliser des fonds supplémentaires, puis de financer un nombre spécifique de projets de recherche-développement de médicaments prometteurs. Un comité d'experts de réputation internationale, le comité consultatif scientifique (Scientific Advisory Committee) déterminera, parmi les propositions soumises dans le cadre d'un processus d'appel d'offres, quels les projets feront l'objet d'un financement. En outre, l'alliance mondiale mettra tout en oeuvre pour conclure des ententes avec des établissements ciblés du secteur public et du secteur privé. Les projets retenus s'articuleront autour de partenariats entre le secteur public et le secteur privé. Les projets faisant intervenir des établissements de pays où la tuberculose est au stade endémique seront privilégiés.

"De nouveaux médicaments à la mesure des moyens des collectivités des régions à taux élevé de transmission de la tuberculose sont absolument indispensables si l'on veut juguler la tuberculose", a fait savoir le Dr Malegapuru William Makgoba, membre du conseil de l'alliance mondiale et président du conseil de recherche médicale d'Afrique du Sud (Medical Research Council of South Africa).

UN PLAN D'ACTION POUR LA DéCOUVERTE DE MEDICAMENTS

Le plan d'action scientifique de l'alliance mondiale pour le développement de médicaments antituberculeux, publié aujourd'hui, doit servir de guide aux scientifiques et aux chercheurs du monde universitaire, de l'industrie et du secteur public et ce, en ce qui touche tous les aspects de la découverte et du développement de médicaments antituberculeux.

"Il s'agit de la période la plus stimulante en vingt ans en ce qui concerne le développement de médicaments antituberculeux", a souligné le Dr Rick O'Brien, directeur de recherche de la division spécialisée dans la suppression de la tuberculose, aux Centers for Disease Control and Prevention à Atlanta, en Georgie, et président du comité consultatif scientifique de l'alliance mondiale. "Enfin, on assiste à la convergence des progrès techniques et d'une volonté politique accrue de venir à bout du problème mondial de la tuberculose."

La stratégie de R.-D. de l'alliance mondiale sera axée sur la constitution d'un portefeuille de médicaments d'intérêt potentiel et la gestion virtuelle du portefeuille en question en concluant des ententes de coopération avec des partenaires du secteur public et du secteur privé. Dans le cas d'investissements spécifiques, l'alliance mondiale envisagera également de fournir un financement graduel ainsi que des conseils d'experts portant sur l'aspect scientifique et la gestion.

LES FONDS ET DONS PERMETTRONT A L'ENTREPRISE DE R.-D. VIRTUELLE DE MENER SES ACTIVITES AVEC DYNAMISME

Les fonds, comme ceux annoncés aujourd'hui, proviendront en principe surtout d'organismes de financement gouvernementaux, de fondations et d'organisations philanthropiques. Les contributions de l'industrie pharmaceutique prendront surtout la forme d'avis spécialisés en matière de R.-D. et de technologies connexes fournis gratuitement. Le financement initial permettra à l'alliance mondiale de constituer une équipe de gestion et de mettre sur pied un groupe de projets initial. Si les objectifs de financement de l'alliance mondiale sont atteints, l'alliance mondiale devrait générer son premier produit d'ici 2010.

L'alliance mondiale pour le développement de médicaments antituberculeux est un partenariat entre le secteur public et le secteur privé qui exerce ses activités en tant qu'organisme sans but lucratif et compte des bureaux à Bruxelles, au Cap et à New York. L'alliance qui, dans la pratique, est indépendante de ses donneurs, prend la forme d'une petite entreprise virtuelle de R.-D. et sera une entité allégée, gérée de manière dynamique. Un directeur général dirigera l'entreprise, se rapportant à un conseil d'administration présidé par le Dr Carlos Morel, directeur du Programme spécial de l'OMS sur la recherche et la formation dans le domaine des maladies tropicales, et comprenant des membres de Chiron, grande entreprise de biotechnologie; de Warburg Pincus & Co., banque d'investissement; du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (E.-U.); du conseil médical de recherche d'Afrique du Sud; de la fondation Rockefeller; et de l'institut national de la santé publique et environnementale (Pays-Bas).