UNE COALITION MONDIALE DE SCIENTIFIQUES INTÉRESSÉS ÉMET LA DÉCLARATION DE DURBAN AFFIRMANT QUE LE VIH PROVOQUE LE SIDA; LA DÉCLARATION UNIFIÉE SANS PRÉCÉDENT PA

05 Juillet, 2000, 13:50 BST de Burson Marsteller for The AIDS Research

Washington, le 1er juillet /PR Newswire/ - Plus de 5 000 scientifiques du monde entier se sont unis pour affirmer résolument que le VIH provoque le sida et qu'un effort concerté en vue d'arrêter la propagation de l'infection par le VIH est le meilleur espoir d'interrompre la pandémie de sida dans le monde.

La déclaration sans précédent, appelée Déclaration de Durban, est l'énoncé définitif d'une coalition spéciale, volontaire, composée des plus éminents scientifiques et médecins du monde entier, y compris des chercheurs et des médecins spécialistes du sida provenant de plus de 50 pays sur cinq continents. Elle sera publiée dans le numéro du 6 juillet 2000 de Nature, la plus importante publication scientifique du monde.

Citant de nombreux articles publiés dans des revues scientifiques, les auteurs et les signataires invoquent la nécessité d'interrompre immédiatement le débat sur la relation causale fondamentale entre le VIH et le sida. Selon eux, une minorité bruyante de personnes continuent à nier que le VIH provoque le sida et leur refus de se rendre à l'évidence "ne peut qu'entraîner le décès d'un nombre incalculable de personnes."

Le nom de la Déclaration de Durban fait référence à Durban, en Afrique du Sud, emplacement de la 13e conférence internationale sur le sida, qui débutera le 9 juillet 2000.

La Déclaration de Durban affirme que les preuves scientifiques à l'appui du lien entre le VIH et le sida sont "claires, exhaustives et non équivoques." Elle insiste sur le fait que les données dégagées par les recherches sur le VIH/sida effectuées depuis de nombreuses années "respectent les mêmes critères que celles portant sur d'autres maladies virales, notamment, la poliomyélite, la rougeole et la variole."

La Déclaration a été rédigée par une équipe internationale recrutée parmi les plus de 250 membres du comité de la déclaration conjointe par la communauté scientifique internationale, créée uniquement dans le but de produire la Déclaration de Durban.

Parmi les 5 000 signataires de la Déclaration de Durban, l'on compte onze lauréats du prix Nobel, ainsi que les directeurs de grands instituts de recherche et les présidents d'académies de médecine et de sociétés médicales, notamment, la National Academy of Science (E.-U.), la Royal Society of London, l'Academy of Medical Sciences (R.-U.), l'Institut Pasteur, les instituts Max Planck, l'Institute of Medicine (E.-U.), l'European Molecular Biology Organization, l'AIDS Society of India, le National Institute for Virology in South Africa, la Southern African HIV Clinicians Society et Médecins du monde.

Bien que le comité de la déclaration conjointe reconnaisse les énormes efforts déployés par les sociétés pharmaceutiques en vue de mettre au point des médicaments anti-VIH, aucun scientifique de l'industrie n'a participé à l'élaboration ni à la signature de la Déclaration.

"La cause du sida a été identifiée et confirmée scientifiquement il y a longtemps", a déclaré Philippa Musoke, M.D., pédiatre à la Makerere University - Johns Hopkins University Research Collaboration à Kampala, en Uganda. "Nous savons que si nous pouvons arrêter la transmission du VIH, nous pouvons arrêter le sida. Pour l'instant, notre défi consiste à utiliser ces connaissances rapidement pour prévenir la propagation du VIH d'une personne à l'autre et d'une mère à son enfant."

La Déclaration de Durban survient au moment où 19 millions de personnes sont déjà décédées du sida depuis que la maladie est apparue il y a 20 ans. Plus 34 millions de personnes vivent avec le VIH/sida, dont 24 millions en Afrique subsaharienne. L'épidémie a une énorme portée pour les prochaines générations. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) estime que la moitié des jeunes de 15 ans des pays d'Afrique les plus affectés par le sida décéderont de la maladie même si les taux d'infection diminuent au cours des prochaines années.

"L'épidémie de sida qui fait rage en Afrique surviendra en Inde à moins que nous ne mettions en place des programmes de prévention exhaustifs", a affirmé le professeur N.M. Samuel, M.D., Ph.D., président de l'AIDS Society of India. "Notre meilleure arme contre cette maladie est le fait de savoir que le VIH provoque le sida. Si nous arrivons à prévenir la transmission du VIH, nous arriverons à prévenir la propagation du sida."

La Déclaration énumère les observations scientifiques fondamentales suivantes à propos du lien causatif entre le VIH et le sida : les sidatiques, où qu'ils vivent, sont infectés par le VIH. Dans le laboratoire, le VIH infecte les lymphocytes T auxiliaires, cellules qui coordonnent les réactions immunitaires aux infections. Or, toutes les personnes atteintes du sida développent une carence de ce type de globule blanc. Les personnes qui reçoivent du sang ou des produits sanguins contaminés par le VIH contractent le sida, contrairement à celles qui reçoivent du sang non contaminé ou qui a subi un test de dépistage.

"La Déclaration de Durban n'a pas été élaborée simplement en réponse aux quelques personnes qui continuent à nier les preuves du lien causatif entre le VIH et le sida", a déclaré le professeur Neil Nathanson, M.D., directeur du bureau de recherche sur le sida des National Institutes of Health des Etats- Unis.

"Elle a été écrite pour apporter une conclusion tellement claire et ferme au débat que le monde entier y portera attention. La déclaration devrait convaincre tous les sceptiques que nous connaissons la cause du sida et que ce savoir sous-tend tous nos efforts en vue de traiter le sida et de prévenir l'infection par le VIH."

La Déclaration insiste sur le fait "qu'étant donné l'urgence de la situation globale, l'infection par le VIH doit constituer la plus grande priorité en matière de santé publique à l'échelle internationale." Elle se termine en invoquant des mesures concertées en vue de prévenir la propagation du VIH et de renverser les tendances de la pandémie.

La liste des signataires de la Déclaration de Durban se trouve sur le site Web de Nature à l'adresse www.nature.com. Le site Web de la Déclaration de Durban, qui sera officiellement lancé le 6 juillet, est www.durbandeclaration.org. Ce site Web contiendra des renseignements complémentaires à propos du VIH et du sida, ainsi que la traduction du document dans les principales langues du monde et des liens vers d'autres sites.

  • La Declaration De Durban Dix-sept ans après la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), des milliers de personnes venues de toutes les régions du monde sont réunies à Durban, en Afrique du Sud, dans le cadre de la XIIIe conférence internationale sur le sida. Au tournant du millénaire, on estime que 34,3 millions de personnes vivent avec le VIH ou le sida, dont 24,5 millions en Afrique subsaharienne (1). L'année dernière, 2,8 millions de personnes sont décédées du sida, soit le nombre le plus élevé depuis le début de l'épidémie. Si les tendances actuelles perdurent, l'Asie du Sud et du Sud-Est, l'Amérique du Sud et les régions de l'ancienne Union soviétique seront aussi durement frappées au cours des deux prochaines décennies.

Le sida se propage par l'entremise d'une infection, à l'instar d'autres maladies, notamment, la tuberculose et la malaria, qui entraînent des maladies et des décès, particulièrement dans les collectivités peu favorisées et pauvres. Le VIH-1, qui est responsable de la pandémie de sida, est un rétrovirus étroitement lié à un virus de l'immunodéficience simienne (VIS) qui infecte les chimpanzés. Le VIH-2, un virus commun en Afrique de l'Ouest qui s'est propagé en Europe et en Inde, est presque identique à un VIS qui infecte les mangabeys. Bien que le VIH-1 et le VIH-2 aient fait leur apparition sous forme de zoonoses (2)- infections qui se transmettent des animaux aux humains

- ces deux virus se transmettent maintenant d'une personne à l'autre lors des relations sexuelles; d'une mère à son enfant; et par l'entremise du sang contaminé.

Le VIH n'est pas la seule infection de source animale. La peste a été transmise par les rats et la grippe par les oiseaux. Le nouveau virus Nipah qui sévit en Asie du Sud-Ouest a été transmis aux humains par les porcs. La variante de la maladie Creutzfeldt-Jakob aux Etats-Unis est identique à la maladie de la vache folle. Une fois établi chez les humains, le VIH s'est conformé aux habitudes et aux mouvements humains. A l'instar de nombreux autres virus, le VIH ne reconnaît aucune frontière sociale, politique ni géographique.

La preuve que le sida est causé par le VIH-1 ou le VIH-2 est claire, exhaustive et non équivoque, et elle est conforme aux critères scientifiques les plus rigoureux. (3-7). Les données respectent les mêmes critères que celles portant sur d'autres maladies virales, notamment, la poliomyélite, la rougeole et la variole :

- Les malades atteints du syndrome de l'immunodéficience acquis, où qu'ils vivent, sont infectés par le VIH (3-7).

- Si elles ne sont pas traitées, la plupart des personnes infectées par le VIH manifestent les symptômes du sida dans les 5 à 10 ans (6, 7). La présence de l'infection par le VIH dans le sang est confirmée par des analyses d'anticorps, le séquençage des gènes ou les isolats viraux. Ces épreuves sont aussi fiables que celles dont on se sert pour déceler d'autres infections dues à un virus.

- Les personnes qui reçoivent du sang ou des produits sanguins contaminés par le VIH contractent le sida, contrairement à celles qui reçoivent du sang non contaminé ou qui a subi un test de dépistage. (6).

- La plupart des enfants qui contractent le sida sont nés de mères infectées par le VIH. Plus la charge virale de la mère est élevée, plus l'enfant est exposé au risque d'infection (8).

- Dans le laboratoire, le VIH infecte les lymphocytes T auxiliaires. Or, toutes les personnes atteintes du sida développement une carence de ce type de globule blanc (3-5).

- Les médicaments qui bloquent la réplication du VIH dans les éprouvettes diminuent la charge virale des personnes et ralentissent la progression du sida. Aux endroits où il est disponible, le traitement a diminué la mortalité due au sida de plus de 80 p. 100 (9).

- Les singes inoculés à l'aide d'ADN de SIV cloné deviennent infectés et contractent le sida (10).

Des données complémentaires probantes sont disponibles (4). Le VIH provoque le sida (5). Il est malheureux que quelques personnes continuent bruyamment à nier l'évidence. Cette position entraînera le décès d'un nombre incalculable de personnes.

Les tendances de la propagation et des symptômes du VIH/sida varient selon les régions. En Afrique, par exemple, les personnes infectées par le VIH ont onze fois plus de chances de mourir en cinq ans (7) et au-delà de cent fois plus de chances de contracter le sarcome de Kaposi, un cancer associé à un autre virus (11).

Comme c'est le cas pour les autres infections chroniques, divers facteurs ont une incidence sur le risque de maladie. Les personnes mal nourries, déjà atteintes d'une infection ou plus âgées sont plus susceptibles de contracter rapidement le sida à la suite de l'infection par le VIH. Cependant, aucun de ces facteurs ne diminue la portée des preuves scientifiques : le VIH est la seule cause de l'épidémie de sida.

Etant donné l'urgence de la situation globale, l'infection par le VIH doit constituer la plus grande priorité en matière de santé publique à l'échelle internationale. Les connaissances et les outils nécessaires à la prévention de l'infection sont disponibles. La monogamie mutuelle, l'abstinence ou l'usage des préservatifs interrompent la transmission sexuelle du VIH. Les tests de dépistage des produits sanguins et la non-réutilisation des aiguilles freinent la transmission par le sang. Enfin, les traitements à court terme à l'aide d'antiviraux diminuent de moitié ou plus la transmission mère-enfant (12, 13).

Les ressources limitées et le fardeau énorme de la pauvreté dans de nombreuses régions du monde posent des enjeux énormes au regard du contrôle de l'infection par le VIH. On peut traiter les personnes déjà infectées à l'aide de médicaments salutaires, mais le coût élevé de ces traitements empêche la majorité des gens de s'en prévaloir. Il faut mettre au point des nouveaux médicaments antiviraux qui sont plus faciles à prendre, causent moins d'effets indésirables et coûtent beaucoup moins cher, pour que des millions de personnes puissent en bénéficier.

Il y a de nombreuses façons de communiquer les renseignements essentiels à propos du VIH/sida, et les méthodes appropriées à un pays ne sont pas nécessairement utiles dans un autre. Mais pour s'attaquer à la maladie, il faut d'abord comprendre que le VIH est l'ennemi. Les recherches, et non les mythes, mèneront à l'élaboration de traitements plus efficaces et moins chers et, espérons-le, à la mise au point d'un vaccin. Mais pour l'instant, il faut s'attacher à prévenir la transmission sexuelle.

La fin de la pandémie de sida n'est pas en vue. Mais en unissant nos efforts, nous pourrons renverser la tendance. La science triomphera un jour du sida comme elle l'a fait pour la variole. La première étape sera d'interrompre la transmission du VIH. Jusque là, la raison, la solidarité, la volonté politique et le courage doivent être nos partenaires.

Références 1. ONUSIDA. Rapport de l'épidémie mondiale de l'infection à HIV/SIDA. Décembre 1999. z www.unaids.org/hivaidsinfo/documents.html

2. Hahn, B. H., Shaw, G. M., De Cock, K. M., Sharp, P. M. (2000). AIDS as a zoonosis: scientific and public health implications. Science, 287, 607- 614.

3. Weiss R.A et Jaffe, H.W. (1990). Duesberg, HIV and AIDS. Nature, 345, 659-660.

4. NIAID (1996). HIV as the cause of AIDS. www.niaid.nih.gov/spotlight/hiv00/default.html

5. O'Brien, S.J. et Goedert, J.J. (1996). HIV causes AIDS: Koch's postulates fulfilled. Current Opinion in Immunology, 8, 613-618.

6. Darby, S.C. et autres, (1995). Mortality before and after HIV infection in the complete UK population of haemophiliacs. Nature, 377, 79-82.

7. Nunn, A.J. et autres, (1997). Mortality associated with HIV-1 infection over five years in a rural Ugandan population: cohort study. BMJ, 315, 767-771.

8. Sperling, R. S. et autres, (1996). Maternal viral load, zidovudine treatment, and the risk of transmission of human immunodeficiency virus type 1 from mother to infant. N. Engl. J. Med. 335, 1678-80.

9. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). HIV/AIDS Surveillance Report 1999; 11, 1-44.

10. Liska, V. et autres, (1999). Viremia and AIDS in rhesus macaques after intramuscular inoculation of plasmid DNA encoding full-length SIVmac239. AIDS Research & Human Retroviruses, 15, 445-450.

11. Sitas, F. et autres, (1999). Antibodies against human herpesvirus 8 in black South African patients with cancer. N. Engl. J. Med., 340, 1863- 1871.

12. Shaffer, N. et autres, (1999). Short course zidovudine for perinatal HIV-1 transmission in Bangkok Thailand: a randomised controlled trial. Lancet, 353, 773-780.

13. Guay, L. A. et autres, (1999). Intrapartum and neonatal single-dose nevirapine compared with zidovudin for prevention of mother-to-child transmission of HIV-1 in Kampala, Uganda: HIVNET 012 randomised trial. Lancet, 354, 795-802.

Sites Web : http://www.durbandeclaration.org http://www.nature.com/

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SOURCE Burson Marsteller for The AIDS Research