Une étude démontre que la radioembolisation avec SIR-Spheres améliore de façon significative la survie globale des patients atteints d'un cancer colorectal inopérable

21 Octobre, 2012, 23:01 BST de University of Magdeburg

MAGDEBOURG, Allemagne, October 21, 2012 /PRNewswire/ --

L'auteur souligne que la survie des patients traités à l'aide des SIR-Spheres est plus que doublée par rapport aux patients ayant reçu les meilleurs soins palliatifs;le bénéfice est comparable avec celui des nouveaux agents biologiques dans le traitement de ce type de cancer.

Une comparaison de deux cohortes similaires (appariées) de patients atteints de métastases à dominante hépatique d'un cancer colorectal réfractaire aux différentes chimiothérapies, a montré que l'ajout de la radioembolisation utilisant des SIR-Spheres prolongeait significativement la survie, par rapport aux meilleurs soins palliatifs dispensés seuls.[1]

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Publiée dans l'édition d'octobre de Cardiovascular and Interventional Radiology, cette étude a montré que la survie globale moyenne a été plus que doublée chez les patients recevant la radioembolisation en combinaison avec les soins palliatifs, par comparaison avec ceux recevant les soins palliatifs seuls : 8,3 mois contre 3,5 mois (hazard ratio [HR] de 0,26 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,15-0,48 ; P<0,001). Une analyse statistique multiparamétrique a confirmé que la radioembolisation était le seul facteur prédictif significatif de la survie prolongée parmi tous les paramètres de base examinés (HR de 0,30 ; IC à 95 % : 0,16-0,55 ; P <0,001).

« La radioembolisation a prolongé de façon significative la survie globale par rapport aux soins palliatifs seuls, au sein d'une cohorte de patients bien appariés entre les deux groupes et ayant une maladie étendue, à dominante hépatique, réfractaires aux chimiothérapies, pour qui les options thérapeutiques étaient limitées », a déclaré le Pr Jens Ricke, directeur du département de radiologie et de médecine nucléaire à l'hôpital universitaire de Magdebourg, en Allemagne, et auteur principal de l'étude. « Les résultats suggèrent que la radioembolisation devrait être considérée comme une option thérapeutique pour les patients ayant des métastases colorectales, localisées seulement au niveau du foie ou à dominante hépatique, qui sont intolérants à la chimiothérapie ou pour lesquels celle-ci a échoué. »

À propos de l'étude

L'étude a comparé la survie globale de 58 patients porteurs de métastases de cancer colorectal, localisées seulement au niveau du foie ou à dominante hépatique, qui étaient résistants à toutes les chimiothérapies de routine ou avaient refusé de prolonger ces traitements, et n'étaient pas éligibles aux autres options thérapeutiques telles que la résection chirurgicale, l'ablation locale ou d'autres formes de radiothérapie. Vingt-neuf patients ont reçu la radioembolisation avec SIR-Spheres (microsphères de résine chargées d' [90]Y ; Sirtex Medical Limited, Sydney, Australie) et ont été suivis prospectivement. Ces patients ont été comparés rétrospectivement à 29 patients ayant reçu des soins palliatifs standards à ce stade de la maladie. L'appariement des deux cohortes prenait en compte les traitements antérieurs ainsi que l'envahissement tumoral, sur une cohorte de plus de 500 patients ayant reçu des soins palliatifs parmi 3 centres en Allemagne, afin d'identifier 29 patients consécutifs présentant au moins 2 critères sur 4 similaires à la cohorte étudiée (présence de métastases synchrones ou métachrones, envahissement tumoral, augmentation des phosphatases alcalines et/ou de l'antigène carcino-embryonnaire [CEA] > 200 U/ml). Le critère d'évaluation primaire de l'étude était la survie globale.

Après radioembolisation, 12 patients (41,4 %) ont présenté une réponse partielle et 5 autres (17,2 %) une réponse stable, soit un taux de contrôle de la maladie de 58,6 %. La survie sans progression était de 5,5 mois dans la cohorte recevant la radioembolisation contre 2,1 mois chez celle recevant les soins palliatifs. Les effets indésirables consécutifs à la radioembolisation ont été généralement légers à modérés, essentiellement transitoires, spontanément résolutifs et contrôlables médicalement.

« Les résultats de cette étude sont cohérents avec ceux obtenus dans des cohortes similaires de patients réfractaires à la chimiothérapie dont les métastases hépatiques colorectales ont été traitées à l'aide de la radioembolisation », a déclaré le Dr Ricarda Seidensticker, consultant en radiologie interventionnelle et auteur de l'étude. « Ce fut la première étude comparative de radioembolisation à utiliser la survie globale comme critère d'évaluation primaire. Le design de l'étude a permis d'éviter la permutation des patients vers la thérapie active, ce qui réduit généralement la capacité des essais à mettre en évidence une différence dans la survie. Ces résultats se comparent favorablement à des études récentes utilisant de nouveaux agents biologiques pour le traitement du cancer colorectal métastatique. Au cours d'un essai contrôlé randomisé du cetuximab, par exemple, la survie globale moyenne était de 6,1 mois contre 4,6 mois avec les meilleurs soins palliatifs. Dans un essai similaire avec le panitumumab seul, la survie globale moyenne était de 6,4 mois; une survie similaire était observée avec les meilleurs soins palliatifs suivis d'un traitement par le panitumumab en cas de progression (permutation thérapeutique). »

De larges essais contrôlés randomisés internationaux évaluent actuellement l'efficacité de la radioembolisation avec SIR-Spheres en association avec une chimiothérapie de première ligne, dans le traitement des patients atteints de métastases hépatiques de cancer colorectal par rapport à la chimiothérapie seule, afin de déterminer le bénéfice de ce traitement dans l'arsenal thérapeutique de première intention.

À propos du cancer colorectal

En 2008, le cancer colorectal a été diagnostiqué chez 153 000 personnes aux États-Unis et 333 000 personnes en Union européenne.[2] Près de la moitié de ces patients développent des métastases au cours de leur maladie ; ces métastases se propagent à partir du site d'origine de la maladie, principalement au niveau du foie. Jusqu'à 90 % de ces patients finissent par mourir d'une insuffisance hépatique due à la propagation de la maladie. La radioembolisation (aussi appelée « radiothérapie interne sélective » ou SIRT) est une nouvelle approche pour le traitement des tumeurs du foie à l'aide de microsphères chargées d'yttrium-90 ([90]Y) radioactif.  Les microsphères sont implantées par des radiologues interventionnels afin de cibler sélectivement les tumeurs par rayonnement, tout en épargnant le tissu hépatique sain restant.

Les 3 centres ayant participé à l'étude (et le nombre de patients témoins ayant fait l'objet d'une sélection) étaient les suivants :

  • Hôpital universitaire de Magdebourg, Allemagne / Universitätsklinikum Magdebourg (n = 348) ;
  • Charité Campus, Hôpital universitaire de Berlin, Allemagne / Universitätsmedizin Berlin (n = 120) ;
  • Hôpital de Magdebourg, Allemagne / Klinikum Magdebourg (n = 86).

L'utilisation des SIR-Spheres est approuvée en Australie, en Union européenne (marquage CE), en Nouvelle-Zélande, en Suisse, en Turquie et dans plusieurs autres pays pour le traitement des tumeurs hépatiques non résécables.  

Les SIR-Spheres sont également entièrement approuvées par la FDA et sont indiquées aux États-Unis pour le traitement des tumeurs hépatiques métastatiques non résécables du cancer colorectal primaire, en association avec une chimiothérapie intra-artérielle hépatique à l'aide de floxuridine.

Références :

  1. Seidensticker R., Denecke T., Kraus P. et al. Comparaison par patients appariés de la radioembolisation associée aux meilleurs soins de soutien avec les meilleurs soins de soutien dispensés seuls, pour les métastases à dominante hépatique de cancer colorectal réfractaires à la chimiothérapie. Cardiovascular and Interventional Radiology 2012 ; 35(5) : 1066-1073.
  2. Centre international de recherche sur le cancer. GLOBOCAN 2008 : Incidence et mortalité du cancer colorectal dans le monde en 2008. http://globocan.iarc.fr/factsheets/cancers/colorectal.asp consultée le 12/8/2011.

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SOURCE University of Magdeburg