Les responsables musulmans de la République Centrafricaine s'unissent pour soutenir la cohésion sociale

29 Février , 2016, 14:00 GMT de KAICIID

Droit au retour, Habitat, Sécurité, et Accès à l'Emploi sont des défis pressants

VIENNE, 29 février 2016 /PRNewswire/ -- Se réunissant à Vienne (Autriche) au Centre pour le Dialogue international (KAICIID) du 25 au 27 février, les responsables de la communauté musulmane de la République Centrafricaine ont convenu unanimement de coopérer sur un certain nombre de problèmes communs, y compris le soutien au retour de tous les réfugiés, quelle que soit leur appartenance religieuse, qui ont été déplacés à cause du récent conflit dans le pays.

Plus de 40 chefs religieux, représentants des femmes et de la jeunesse musulmanes et de la société civile se sont rencontrés à l'occasion d'un dialogue organisé afin d'explorer comment la communauté musulmane de la République Centrafricaine, qui a été minée par des divisions internes dans le passé, pourrait s'attaquer de façon cohérente aux problèmes auxquels sont confrontés les musulmans à la suite des troubles civils qui ont dévasté le pays.

Ont également participé à la rencontre un certain nombre d'observateurs internationaux, dont l'intellectuel Sheikh Bin Bayyah, l'Ambassadeur itinérant des États-Unis pour la Liberté religieuse internationale David Saperstein, Ufuk Gokcen, Ambassadeur et représentant permanent de l'OCI (Organisation de Coopération islamique) aux Nations-Unies à New York.

Afin d'exprimer le soutien des communautés chrétiennes et du gouvernement de la République Centrafricaine, l'archevêque de Bangui, Dieudonne Nzapalainga, le révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, et le Ministre de la Réconciliation nationale et du Dialogue politique S.E. Lydie Florence N'Douba, ont activement participé en tant qu'observateurs.

Le secrétaire général du Centre pour le Dialogue international (KAICIID), Faisal Bin Muaammar, a félicité les participants pour leur courage et leur ouverture au dialogue : « Nous devons nous accorder à faire de cette terrible crise une opportunité pour reconstruire cette nation telle que les citoyens la veulent. La République Centrafricaine avant la crise était un modèle positif de coexistence interreligieuse : vous avez une chance de reconstruire ce modèle, de reconstruire une nation où chaque citoyen possède une part égale des droits et responsabilités attachés à la citoyenneté ».

Le secrétaire général a souligné l'engagement et le soutien de longue date du Centre pour la cohésion sociale dans la République Centrafricaine au travers de ces programmes nationaux visant à renforcer la Plateforme interreligieuse, ainsi que les dialogues organisés et accueillis par le Centre depuis 2014, et qu'il continuera à accueillir dans le futur.

Shaykh Abdallah bin Bayyah, le président du Forum pour la Promotion de la Paix dans les Sociétés musulmanes, a appelé à plus d'unité parmi les artisans de paix musulmans. « La paix est la voie vers la justice et la vengeance doit être remplacée par d'honnêtes discussions, questions et dialogue. Tous les groupes musulmans et chrétiens devraient faire preuve de tolérance. Tous doivent se mettre d'accord sur un but, et ce but devrait être la paix. Les groupes chrétiens et musulmans devraient avoir des groupes au sein de leurs communautés qui les représentent et peuvent s'exprimer en leur nom en faveur de la paix ».

L'Ambassadeur David Saperstein a déclaré qu'il était honoré de participer à cette importante conférence, et s'est dit confiant qu'elle aiderait à reconstruire diversité et unité au sein des communautés de la République Centrafricaine. L'Ambassadeur Saperstein a encouragé les participants, déclarant « Aujourd'hui, j'estime que nous commençons à discuter l'une des questions les plus importantes du développement de la République Centrafricaine : quel sera le rôle de la communauté musulmane et comment nous pouvons faciliter le retour à l'harmonie et à la fraternité qui existaient par le passé, et qui ont été cassés par la récente violence, et comment nous pouvons revigorer la cohésion sociale si vitale pour le futur de la République Centrafricaine ».

Alors que le pays entreprend un processus de réconciliation et évolue vers une gouvernance démocratique, la communauté musulmane recherche une approche cohésive des défis de la réintégration et de la définition du rôle des musulmans au sein de l'état séculaire. Le succès du processus de dialogue islamo-chrétien, qui est en cours, dépend aussi d'une plateforme musulmane cohésive.

Les participants se sont accordés à former un comité de suivi en charge de mettre en œuvre les conclusions de cette rencontre, qui ont été formulées dans un plan d'action.

Le dialogue, co-organisé par le Centre pour le Dialogue international (KAICIID), avec le Réseaux pour les Artisans de la Paix religieux et traditionnels, l'Organisation de Coopération islamique et le Forum pour la Promotion de la Paix dans les Sociétés musulmanes, avait pour but d'aider les participants à identifier les besoins en terme de renforcement des capacités pour les imans, les femmes et la jeunesse, et de proposer des mesures concrètes afin de répondre à ces besoins.

La rencontre fait partie du programme habituel du Centre pour le Dialogue de la République de Centrafrique. En complément du dialogue au sein de la communauté musulmane et du processus de renforcement des capacités, le Centre forme aussi au dialogue des chefs religieux chrétiens et musulmans.

À propos du Centre pour le Dialogue international (KAICIID)

Le Centre pour le Dialogue international (KAICIID) est une organisation intergouvernementale qui promeut le dialogue pour bâtir la paix dans les zones de conflit. Pour cela, il renforce la compréhension et la collaboration entre les personnes de différentes cultures et les fidèles de différentes religions. Les états fondateurs du Centre sont l'Autriche, l'Arabie saoudite et l'Espagne, et le Saint-Siège est l'observateur fondateur. Son conseil d'administration se compose d'éminents représentants des cinq principales religions du globe (bouddhisme, christianisme, hindouisme, islam et judaïsme). Le conseil conçoit et supervise les programmes du Centre.

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SOURCE KAICIID